📜 Lore canon d’Elserath 📜

Chapitre III : L’Ère Mythologique

⚡ La Fracture du Ciel et la Fureur des Titans

Après que les Huit Primordiaux eurent chanté le monde, la Source connut un silence si profond qu’il engendra une ombre. De ce silence naquit une neuvième voix, sans maître ni harmonie : l'entropie. Elle n’était ni mal ni bien, mais la faille nécessaire de la perfection — un écho sans direction, une vibration qui ne cherchait pas à créer, mais à dissoudre.

Et quand sa dissonance se répandit dans les cieux, la trame du Chant se rompit. Ce fut la Fracture du Ciel, une déchirure entre la création et son origine, entre le monde et la Source. Une cicatrice qui sépara à jamais les Primordiaux du monde qu’ils avaient créé.

De cette rupture jaillirent des colosses nés du cri même du monde : les Titans.

Ils n’étaient ni enfants des dieux ni rejetons des peuples, mais la douleur du Chant devenue forme. Leur force façonna les continents, leur pas fit trembler les mers, et leur voix était tonnerre et pierre mêlés. Ils ne connaissaient ni haine ni volonté, mais leur fureur, immense et sans but, menaçait d’engloutir Elserath tout entier. Les peuples déjà éveillés virent le ciel se fendre, et la terre hurler sous le poids des Titans.

Alors, les Djinns, les Conteurs de Lumière, se dressèrent en protecteurs du monde. Leur chant pouvait apaiser la pierre et rappeler à la Source ses propres notes. Ils tentèrent d’abord de guérir les Titans, de leur redonner harmonie et raison. Mais l’Entropie avait corrompu leurs cœurs : toute mélodie glissait sur eux comme la pluie sur la roche. Alors, d’un accord silencieux, les Djinns décidèrent d’accomplir l’impensable.

Ils composèrent une symphonie de lumière et de deuil, un chant si pur qu’il fit pleurer les montagnes et apaisa la tempête. Là où il fut chanté, les Titans s’immobilisèrent, puis tombèrent en poussière, se liant à la terre, au magma et à la mer. Certains disent qu’ils sommeillent encore sous les montagnes, d’autres qu’ils devinrent les racines mêmes du monde.

Le monde fut sauvé — mais au prix de sa propre innocence.

Les Djinns depuis ce jour ne chantèrent plus jamais de la même manière. Le poids de ce qu’ils avaient fait — mettre fin à des vies nées de la douleur — les marqua pour des âges. On raconte que depuis ce jour, chaque aurore d'Elserath murmure leur dernier vœu :

“Pardonne-nous, ô Chant,
d’avoir tué ce que tu n’avais pas voulu faire naître.”

🪶 La Genèse des Peuples

Lorsque le Chant du monde s’acheva et que la Source se fit rivière, Les Primordiaux contemplèrent l’œuvre d’Elyndra — La vie mouvante, la faune originelle, les bêtes étranges et harmonieuses qu’elle avait fait naître.

Émerveillés par cette abondance, ils voulurent, eux aussi, façonner des êtres capables de sentir et de se souvenir. Mais toutes leurs créations, qu’ils le sachent ou non, portèrent en elles une étincelle d’Elyndra, car elle est la mère de toute vie, et nulle âme ne peut naître sans son souffle.

Avant la Fracture du Ciel, avant même que l’ombre de l’Entropie ne s’étende, sept lignées furent ainsi façonnées, chacune portant l’empreinte d’une voix du commencement. Elles connurent la lumière première, vécurent les âges d’harmonie, Et furent témoins du déchirement du firmament.

✨ Les Djinns — Enfants d’Elyon, Conteurs de Lumière

Ils furent les premiers à s’éveiller, nimbés de flamme et de pouvoir.

Elyon les créa pour donner parole à la lumière. Ils chantaient les aurores, gravaient le feu dans le verre, et transmettaient à la création le souvenir de son propre éclat.

Les Djinns n’étaient pas chair, mais souffle et éclat — Etres d’énergie et de promesse, messagers du feu sacré.

On disait qu’un seul de leurs mots pouvait faire fleurir la pierre ou apaiser un volcan. Ils étaient les premiers poètes du monde, les conteurs de la Source, et les gardiens de l’harmonie entre les voix primordiales.

C’est d’eux que viennent les plus anciens chants, et c’est leur lumière qui guida les peuples quand le ciel se brisa.

⛰️ Les Nains — Fils de Kaelgor, Gardiens du Feu et de la Pierre

Kaelgor, le Forgeron des Profondeurs, façonna les Nains dans le cœur du monde.

Il leur donna la patience des montagnes et la force du feu endormi. Leur peau portait la couleur du granit, et leurs yeux luisaient comme la braise sous la cendre.

Ils bâtirent les premières citadelles souterraines, forgèrent le métal et la pierre pour y loger leur feu. Pour eux, tout matériau est vivant, et chaque coup de marteau réveille une ancienne chanson.

Les Nains disent que Kaelgor leur parla ainsi :

“Tout ce qui brûle éclaire,
Tout ce qui éclaire finit par se consumer,
Mais ce que tu façonnes ne meurt jamais.”

Ils furent les gardiens de la persévérance, et les premiers artisans de la création.

🌿 Les Wyveriens — Enfants du Vent et de la Sève

De l’union du souffle de Thal et de la tendresse de Liréa naquirent les Wyveriens, etres ailés et vibrants, porteurs du Souffle du monde.

Leur peau se teinte de reflets d’écorce ou d’écume, leurs ailes bruissent comme des feuilles dans la tempête. Ils vivent dans les forêts de Virelia, où les arbres montent jusqu’aux nuages, et où le vent parle aux racines.

Ils furent les premiers à chanter au côtés des dragons, et les derniers à quitter les cimes lors de la Fracture.

Les Wyveriens disent :

“Nous ne volons pas pour dominer le ciel,
Mais pour nous souvenir de la terre.”

⚡ Les Skayans — Les Fils du Tonnerre

Nés directement du rire de Thal, les Skayans furent les enfants du vent libre et de la foudre. Leur cœur bat au rythme des orages, et leurs cités flottent entre nuages et éclairs.

Leur peuple vit dans un éternel mouvement, car pour eux, l’immobilité est une forme de mort.

Ils ne bâtissent pas pour durer, mais pour exister dans l’instant du tonnerre.

Lorsqu’un Skayan meurt, son corps est rendu au vent, et son nom devient bourrasque.

“Nul fils du ciel ne repose en terre.”

Ainsi parlent-ils encore, défiant la gravité du monde.

🔥 Les Hommes — Porteurs du Choix

Nareth les façonna de poussière et de souvenir. Ils furent les derniers à naître avant les chants du crépuscule.

Fragiles, éphémères, ils reçurent en échange un don que nul autre ne possédait : Celui du choix. Ils pouvaient errer, aimer, trahir ou créer — Leurs âmes vibraient comme des cordes jamais accordées. Seuls à pouvoir s’éloigner ou revenir à la Source.

Les Primordiaux les regardèrent avec tendresse et inquiétude, car les Hommes étaient imprévisibles. Ils pouvaient accomplir des merveilles… ou semer la ruine.

Mais Nareth murmura :

“Leur faiblesse sera leur force,
Car ils chercheront toujours à comprendre.”

Et ainsi les Hommes marchèrent sur Elserath, portant dans leur souffle la contradiction du monde.

🌊 Les Liréathi — Enfants de la Mémoire des Ondes

Liréa, Mère des Océans et des Souvenirs, façonna les Liréathi pour que la mémoire du monde ne se perde jamais.

Ils vivent dans des cités de corail et de verre, où les baleines sont prêtresses et les courants, messagers. Leurs voix ne se parlent pas — elles se ressentent, car chaque mot traverse la mer comme un rêve.

Les Liréathi gardent dans les abysses les échos du Premier Chant, et leurs cantiques résonnent jusque dans les songes des mortels.

Les sages disent que leurs larmes sont la mémoire des tempêtes, et que leurs yeux reflètent les souvenirs oubliés du monde.

🌙 Les Aelran — Les Enfants du Crépuscule

Lorsque le monde entra dans le silence avant la Fracture, Oris et Vael unifièrent leurs chants dans un dernier accord.

De leur harmonie naquirent les Aelran, Les Enfants du Crépuscule, etres nés entre l’aube et la nuit, derniers-nés du monde harmonieux.

Leur peau pâle semblait refléter les étoiles, et leurs yeux portaient la lumière du temps. Ils furent créés pour écouter le Chant du monde, et pour transmettre ses murmures aux générations futures.

Ils furent la dernière offrande des Primordiaux avant que la Fracture du Ciel ne les sépare à jamais de la création.

💀 Les Orcs — Nés de la Chair des Titans

Après la Fracture du Ciel et la chute des Titans, la terre saigna. De leurs os brisés et de leur chair pétrifiée naquirent les Orcs.

De cette origine, ils ont gardé la force, la résistance et une conscience profonde de la douleur du monde.

Ils ne furent pas forgés par les primordiaux, mais ils les respectent comme des parents lointain. Ils vénèrent les Titans, non comme des dieux, mais comme les martyrs d’un monde trop jeune.

Chaque combat est pour eux une prière, chaque cicatrice, un souvenir de ceux dont ils sont nés.

“Nous ne sommes pas des bêtes nées du feu.
Nous sommes ceux qui ont appris à s’y tenir debout.”

Ainsi parlent les Orcs, enfants de la fin et gardiens d’un commencement qu’ils n’ont jamais connu.

🌑 L’Éclipse des Voix et la Chute des Djinns

Bien des âges après la Fracture du Ciel, alors que les Primordiaux s’étaient tus, Le Chant du monde se troubla de nouveau.

Les Aelran, enfants d’Oris et de Vael, observaient les astres, entendaient les murmures du passé et les échos de l’avenir. Les Djinns, eux, continuaient de chanter la lumière, transmettant les échos du Premier Chant.

Mais à mesure que les ères s’écoulaient, les Aelran commencèrent à percevoir la Dissonance. Le monde changeait, les voix s’affaiblissaient, et ils crurent pouvoir réparer le Chant, le réaccorder à la perfection d’autrefois.

Dans leur sagesse téméraire, ils tentèrent d’unir les fils du temps, de forcer la Source à se souvenir de sa pureté première. Mais nul mortel, nul esprit, ne peut toucher la Source sans troubler son flot.

Alors le Chant du monde se rompit. Les astres vacillèrent. Et la musique du monde se fit cri.

Ce fut l’Éclipse des Voix — Et la faute des Aelran.

Les Djinns, les Conteurs de Lumière, furent anéantis en un instant, leur chant déchiré, leur éclat dissipé dans le ciel et les mers. Ils n’eurent ni le temps ni le pouvoir de s’opposer : Leur pureté même les condamna. Car ils étaient notes même du chant, et sa réécriture les effaça sans lutte.

Le monde perdit alors ses derniers gardiens. Même la lumière d’Elyon se troubla — son éclat d’aube vacilla, terni à jamais par la perte de ses enfants. Et dans les vents marins, les prières de toutes les races montèrent vers les cieux comme un seul chant de deuil.

Seule Liréa ne pleura pas : elle agit. Elle utilisa les derniers fragments de mémoire de son nom encore présents dans le monde pour sauver le dernier des Djinns, une flamme fragile qu’elle cacha aux confins de son royaume.

Elle lui offrit un sanctuaire : la limite entre les Rives et la Mer de Lysséa. Depuis l’eau et la terre se fondent au point que nul ne sait où commence l’une ni où finit l’autre. C’est un lieu perdu, ou caché, que les mortels ne peuvent plus atteindre.

Liréa murmura au jeune Djinn un nom que nul autre ne connut, un mot ancien signifiant “espoir” : Asha.

“Tant que ton éclat subsistera,
Le monde se souviendra de la lumière.”

Et lorsque son œuvre fut achevée, le nom de Liréa s’effaça du monde. Nul mortel, nul dieu, n’en put plus prononcer le son. Seule la mer s’en souvient encore — dans ses reflets, sans jamais le dire.

Depuis ce jour, les marins prétendent que dans les brumes de Lysséa, on peut apercevoir un éclat doré, un chant sans source, et que quiconque l’entend sent renaître son courage.

🌠 La Légende de Lyr’Aenor — La Pleureuse du Ciel

On raconte qu’au dernier jour de l’Éclipse, une femme leva les yeux vers les cieux : Lyr’Aenor, dernière Grande Chanteuse des Âges.

Elle tenta d’unir le passé et l’avenir dans un ultime chant, pour sauver Elyndarion et refermer la faille qu’avaient ouverte les siens. Mais sa voix se brisa sous le poids du temps.

Alors, elle continua à chanter sans. Elle fit brûler son âme, et son corps devint lumière, son chant devint onde, et son esprit s’éleva au-dessus du monde, se liant aux constellations pour empêcher qu’elles ne s’effondrent.

Cette nuit-là, une étoile nouvelle naquit dans le ciel, si éclatante qu’elle fit pâlir la lune. Les survivants l’appelèrent , la Pleureuse du Ciel.

Son éclat change chaque nuit — argent, bleu, rose, puis doré — Comme si elle chantait encore, seule dans les hauteurs, pour rappeler à Elserath la mélodie de ce qu’il fut.

Les Hommes la nomment l’Étoile du Pardon, et prient sous sa lumière lorsqu’ils cherchent la rédemption. Les Wyveriens y voient un présage avant les tempêtes, Et les Skayans affirment qu’elle leur parle à travers les vents.

Mais les Aelran, eux, savent. Ils savent qu’elle ne pleure pas leur chute, ni leur silence… Elle pleure le monde qui oublie encore de chanter.

🌌 Épilogue du Chant Premier

Lorsque Lyr’Aenor s’éteignit dans les cieux, Le dernier écho du Chant Originel se mêla au souffle du monde.

Il ne fut pas détruit ni perdu, mais caché.

Depuis, tout être vivant, toute pierre, tout vent porte encore en lui Un fragment de la musique d’avant le temps.

Certains l’appellent magie, d’autres destin, d’autres encore souvenir.

Mais les sages savent que ce n’est qu’une seule et même chose :

Le Chant d’Elserath,
Qui continue de vibrer, doucement,
Dans chaque battement de cœur.