📜 Lore canon d’Elserath — Guerre d’Astral 📜

Chapitre X : Les Deux Chants de la Guerre

“Ce n’était pas une guerre entre peuples,
mais entre deux vérités qu’aucune ne voulait taire.”
— Chronique d’Altherion, Cycle des Lignes Brisées

Quand la première Arche d’Astral s’effondra, le monde se déchira non pas entre lumière et ombre, mais entre deux visions de la création.

D’un côté, ceux qui voyaient dans les Arches le prolongement du Chant. De l’autre, ceux qui les jugeaient comme une insulte à la Source.

Ainsi naquirent les deux Chants : l’un de Verre et de Feu — l’autre de Foudre et de Silence.

✨ L’Alliance des Chants

(Les Convergents, les Nains de Kar’Drath, et les Clans Unis d’Ormarr)

Les Convergents, héritiers d’Altherion, étaient les fils de la lumière rendue science. Ils voyaient dans les Arches la preuve suprême que l’Homme pouvait comprendre le Chant sans le trahir — l’union parfaite de la raison et de la mémoire.

Les Nains, pragmatiques et industrieux, s’allièrent à eux. Non par foi, mais par intérêt : les Arches ouvraient les routes du monde, et jamais commerce, savoir, ni minerai n’avaient circulé avec autant d'abondance. Ils voyaient dans cette ère de flux et de lumière le renouveau de leurs forges, et dans les Convergents des partenaires dignes de leur génie.

Les Orcs d’Ormarr, unis sous la mémoire de Rokhan, reconnurent dans les Convergents la flamme des bâtisseurs. Ils combattirent non pour la gloire, mais pour honorer la promesse du feu — celui qui éclaire sans consumer.

“Tant que brûle le monde, nous serons ses frères.”
— Serment orc d’alliance à Altherion

⚙️ La Convergence du Néant

(Les Dissidents Gris, les Skayans, les Wyveriens, et certains clans orcs)

Les Dissidents Gris, disciples de Tharn-Méon, refusèrent de se plier au Chant qu’ils jugeaient capricieux. Ils rêvaient d’un monde fondé sur la pure logique, où la lumière n’obéirait plus aux dieux, mais à la raison. Pour eux, les Arches étaient une erreur — le pont interdit entre la mémoire et la démesure.

Les Skayans se rangèrent à leurs côtés, prétendant que les Arches menaçaient la Source et troublaient le ciel. Mais la vérité, qu’ils ne disaient pas, était que leur orgueil ne supportait pas de voir les Hommes dominer les vents. Eux qui parlaient à la foudre, ne pouvaient admettre que d’autres lui aient arraché sa lumière.

Les Wyveriens, fidèles au Souffle, ne prirent pas les armes. Ils suivirent pourtant le camp des Dissidents, convaincus que les Arches blessaient la trame du Chant. Pacifiques, ils refusèrent le sang — et devinrent les guérisseurs des deux armées, soignant sans distinction blessés et mourants.

Certains clans orcs, héritiers d’anciennes rancunes, rejoignirent les légions du Néant, attirés par le fracas et la gloire. Ils suivaient la guerre comme on suit un destin.

“Le silence est plus juste que la folie du feu.”
— Inscription gravée sur les portes de Tharn-Méon

Ainsi se dressèrent les deux Chants.

L’un voulait unir la lumière et la matière. L’autre voulait briser le monde pour le rendre mesurable.

Et au milieu, le ciel lui-même tremblait — car il savait que les deux avaient raison, et tort, à la fois.

🐉 Les Dragons — Les Juges du Feu

“Quand les dieux se turent, il ne resta qu’eux pour écouter le monde.”
— Fragment des Chants du Couchant.

Durant la Guerre d’Astral, la plupart des dragons demeurèrent étrangers aux querelles des peuples.

Les Dragons d’Éther, enfants du vent et de la lumière, observèrent la chute des Arches sans un mot.

Les Dragons Sylvains, gardiens de Virelia, restèrent sous les frondaisons et laissèrent la guerre mourir seule.

Les Dragons Abyssaux, eux, ne bougèrent pas : ils restèrent dans les profondeurs de la Mer de Lysséa, vastes et immuables, indifférents aux tempêtes des mortels.

Seuls les Dragons de Cendre se levèrent. Depuis l’Âge de la Reconstruction, ils respectaient les Orcs, car nul autre peuple n’avait osé défier l’un des leurs — et vivre assez longtemps pour être reconnu.

Rokhan Fils-de-la-Cendre terrassa jadis un Dragon de Cendre, et son courage fut jugé digne : depuis ce jour, les dragons honorent les Orcs comme leurs égaux de feu. De ce respect naquit un pacte : la Confrérie du Feu Fraternel. Un serment ancien lia les deux lignées : si les Orcs appelaient le feu des dragons, alors les Dragons de Cendre répondraient — une seule et unique fois par siècle.

Quant aux Dragons de Verre forgés par les Convergents, les dragons véritables les méprisent et en rient. Pour eux, ces reflets de cristal ne sont que des coquilles vides, des simulacres d’un feu qu’ils ne comprendront jamais.

“Le verre chante, disaient-ils,
mais c’est la chanson d’un feu qui n’a jamais brûlé.”

Et dans leurs rires grondait la mémoire du vrai brasier.