Annexe — CrĂ©ature majeure

🩁 Lion Daurum — Le Soleil qui Marche

Dans les plaines d’Or, avant que les routes humaines ne les traversent, on parlait d’un prĂ©dateur que mĂȘme les vents respectaient. Le Lion Daurum.

Territoire : Plaines d’Ormarr Silhouette : colosse souple Fourrure : or vivant Statut : survivants rares

« Quand il se tient sur une crĂȘte, le soleil semble marcher avec lui. »
— Vieille parole des Plaines d’Or

🩁 Lion Daurum — Le Soleil qui Marche

Seigneurs perdus des Plaines d’Or

🜂 Chroniques — Le prĂ©dateur que les vents respectaient

Dans les anciennes chroniques des plaines d’Or, avant que les routes humaines ne les traversent, on parlait d’un prĂ©dateur que mĂȘme les vents respectaient : le Lion Daurum.

Un fĂ©lin colossal pouvant atteindre deux mĂštres au garrot et prĂšs de quatre mĂštres de longueur. Sa masse rivalisait avec celle des plus grands chevaux des steppes, mais sa dĂ©marche demeurait souple, presque silencieuse — comme si l’herbe elle-mĂȘme hĂ©sitait Ă  froisser son passage.

Sa fourrure est ce qui le rend unique : elle ne se contente pas d’ĂȘtre dorĂ©e — elle brille. Chaque poil reflĂšte la lumiĂšre comme un filament mĂ©tallique, donnant l’impression qu’un Ă©clat d’or liquide coule le long de son corps. Sous le soleil, il semble fait de mĂ©tal poli. À l’aube, il ressemble Ă  une braise encore vivante.

Sa criniĂšre est plus longue que celle des lions ordinaires, dense et presque aveuglante lorsqu’elle est frappĂ©e par la lumiĂšre. Certains voyageurs affirmaient qu’on pouvait apercevoir un Lion Daurum Ă  des kilomĂštres, simple silhouette dorĂ©e au sommet d’une colline — non pas cachĂ©e par le monde, mais posĂ©e au-dessus de lui.

🜁 Les Seigneurs des Plaines d’Or

Autrefois, ils rĂ©gnaient sur les Plaines d’Or : territoire vaste, ondoyant, oĂč l’herbe haute prend des reflets cuivrĂ©s au coucher du soleil.

Le Lion Daurum était un chasseur solitaire, ou évoluant en petites coalitions familiales. Sa puissance était écrasante : un seul bond pouvait couvrir plusieurs mÚtres. Ses crocs étaient capables de percer les peaux les plus épaisses, et ses griffes laissaient des entailles comparables à des lames courtes.

Mais ce n’était pas seulement sa force qui le rendait redoutable. Il possĂ©dait une intelligence instinctive rare. On raconte qu’ils comprenaient les schĂ©mas de dĂ©placement des troupeaux, qu’ils savaient contourner les embuscades, et qu’ils n’attaquaient que lorsqu’ils Ă©taient certains de l’issue.

Ils n’étaient ni cruels ni furieux. Ils Ă©taient efficaces.

🜃 Le DĂ©clin

Puis vinrent les hommes.

Les premiÚres colonies installÚrent des avant-postes sur les plaines. Les troupeaux domestiqués remplacÚrent les migrations sauvages. Les territoires furent découpés. Les routes tracées.

Les Lions Daurum attaquĂšrent parfois ces nouvelles prĂ©sences — non par agressivitĂ© gratuite, mais par instinct territorial. Alors les chasses commencĂšrent. Au dĂ©part pour se protĂ©ger. Puis pour prĂ©venir. Puis pour le prestige.

Car leur fourrure devint rapidement l’une des plus convoitĂ©es d’Elserath : souple, rĂ©sistante, iridescente. Un manteau en peau de Daurum valait plus qu’une maison dans certaines citĂ©s marchandes.

On les traqua pour leur dangerosité. On les traqua pour leur beauté. En quelques générations, leur nombre chuta brutalement.

🜄 Les Survivants

Aujourd’hui, le Lion Daurum est quasi Ă©teint.

Il en reste quelques individus, dispersés, vivant loin des routes et des villes. Ils évitent instinctivement toute trace humaine : odeur de fumée, métal, bétail.

Certains guides des steppes affirment que les survivants sont devenus plus prudents, plus nocturnes. On dit qu’ils observent de loin les caravanes sans jamais approcher — comme s’ils avaient appris.

Voir un Lion Daurum est dĂ©sormais un Ă©vĂ©nement rare, presque sacrĂ©. Et lorsque l’un d’eux se tient sur une crĂȘte au soleil couchant, sa silhouette dorĂ©e rappelle une vĂ©ritĂ© ancienne :

Il fut un temps oĂč les plaines n’appartenaient pas aux hommes.