đŸ©žđŸ”„ La Statue de Rokhan — le Roi-Forge

Obsidienne rouge, marteau levĂ© — et le silence des cendres qui garde encore le souffle du duel.

đŸ©žđŸ”„ La LĂ©gende de la Statue de Rokhan

Le Roi-Forge, le Dragon, et le Silence des Cendres

On raconte qu’au terme de son duel contre le Dragon des Cendres — un affrontement si violent que les steppes d’Ormarr en portent encore la cicatrice noire — Rokhan Fils-de-la-Cendre fit l’ultime offrande de l'Ormah’Dur.

Son souffle devint pierre.
Son cƓur devint braise.
Et son corps devint obsidienne rouge, debout, marteau levĂ©, tel qu’il fut figĂ© dans l’instant oĂč sa force brisa les ailes de la bĂȘte.

Les Orcs dirent alors qu’il n’était pas mort :

« Le feu ne s’éteint que lorsqu’on cesse de le regarder. »

Les Aelran et les Lireathi notĂšrent qu’une nouvelle Ă©toile Ă©tait nĂ©e dans le ciel — Ormah’Durath, d’un rouge profond — preuve que son exploit ne serait jamais oubliĂ©.

Mais la statue

La statue disparut.

Elle demeura introuvable, malgré les recherches des Orcs, malgré les priÚres des Conteurs nains, malgré les augures des Lireathi, malgré les éclats du verre des Arcanistes.


🜂 Ce que disent les lĂ©gendes : la nuit oĂč les braises marchĂšrent

Certains bardes orcs affirment qu’une nuit entiùre, les terres d’Ormarr furent parcourues d’un souffle chaud, comme si des pas de braise traversaient les plaines.

Les herbes noircirent sans brûler.
Les tambours cessĂšrent un instant de battre.

Et au matin, il ne restait plus rien.
Ni socle.
Ni empreinte.
Ni trace de pierre.

Les sages parlùrent d’un vol, d’un sacrilùge, d’un prodige.
Mais aucun mortel n’aurait pu dĂ©placer une masse d'obsidienne pĂ©trifiĂ©e portant l’Ormah’Dur.


🜇 Le secret que seuls les Dragons connaissent

Il existe pourtant une vĂ©ritĂ© que nul peuple n’osa jamais imaginer :
la statue ne fut pas volée.
Elle fut accueillie.

Les Dragons de Cendre — ceux dont le souffle forge et consume, nĂ©s du feu noir oĂč Kaelgor et Thal unirent jadis leurs chants — observĂšrent le duel de Rokhan avec une attention qu’ils n’ont jamais avouĂ©e.

Ils virent un mortel
qui ne recula pas,
qui ne supplia pas,
qui frappa avec la mĂȘme fiertĂ©,
la mĂȘme rage sacrĂ©e,
que leurs propres lignées anciennes.

Et lorsque Rokhan se changea en pierre,
les Dragons n’y virent pas une fin

mais une naissance.

Dans leur orgueil, ils ne l’ont jamais dit.
Mais dans leur mĂ©moire — plus profonde que les volcans —
ils reconnaissent Rokhan comme l’un des leurs,
un ĂȘtre nĂ© de feu et de courage,
un frĂšre silencieux dont le cƓur brĂ»le encore.

Ainsi, par une nuit d’écho rouge,
trois Dragons de Cendre planĂšrent au-dessus des steppes,
et sans un mot, sans un rugissement,
ils emportĂšrent la statue dans leurs serres.


🜂 Le Repos du Roi-Forge

On dit que, dans les Volcans du Couchant — cette terre que mĂȘme les Orcs ne foulent plus depuis la Symphonie de la Fin — repose un sanctuaire que nul Ɠil mortel n’a jamais vu.

Un dÎme de roche vitrifiée,
baigné de coulées de lave,
oĂč la chaleur chante comme un chƓur ancien.

Au centre, sur une estrade née du magma,
se tient encore
la Statue d’Obsidienne — Rokhan, le Roi-Forge.

Les Dragons de Cendre passent devant elle comme on traverse un temple.
Ils courbent la tĂȘte — un geste qu’ils n’accordent Ă  personne.
Ils murmurent des mots que seuls les feux comprennent.

Et parfois, trĂšs rarement,
l’obsidienne rouge palpite d’un Ă©clat lent,
comme un cƓur qui se souvient.


đŸ©ž ProphĂ©tie murmurĂ©e des Orcs

Les Orcs disent :

« Quand les Trois Soleils danseront,
le Roi-Forge sortira du feu,
et marchera de nouveau entre les vivants. »

Ils ne savent pas que les Dragons, dans leurs volcans du Couchant,
attendent eux aussi ce jour.