🌑 La Course à la Lune — Le Pacte du Ciel d’Éther
Lorsque les Cendrés comprirent que les étoiles n’étaient ni des dieux ni des symboles, mais des soleils lointains entourés de mondes innombrables, leur certitude devint obsession. Ils observèrent le ciel non plus comme un chant sacré, mais comme une carte inachevée.
Alors ils forgèrent des vaisseaux. De grandes coques de métal, de verre et de calcul, capables — pensaient-ils — de quitter Elserath et de fendre le vide entre les étoiles. Mais aucun ne réussit.
À mesure que les vaisseaux s’élevaient vers le plus haut du ciel, là où l’air se fait mémoire et où la lumière se raréfie, ils pénétraient le Domaine des Dragons d’Éther. Et là, sans avertissement, ils étaient anéantis. Car le ciel ultime d’Elserath n’est pas vide : Il est gardé.
⚡ L’Intercession de Kaeryn Vael’Thra
Dans leur désespoir, les Cendrés se tournèrent vers ceux qui connaissaient l’orage comme on connaît un frère. Ils demandèrent l’aide des Skayans. Et parmi eux, une seule répondit : Kaeryn Vael’Thra, celle qui marche dans l’éclair, dont la voix est reconnue par la foudre elle-même.
Impressionnée par ce désir insensé — non de dominer le ciel, mais de le traverser — elle accepta. Portée par ses ailes, Kaeryn monta plus haut que nul mortel avant elle, jusqu’aux marches du ciel d’éther.
Un dragon la vit venir et lança contre elle un éclair pur, mais l’éclair l’évita. Alors apparut Aelarion, premier Dragon d’Éther, Seigneur des hauteurs silencieuses. Amusé par cette créature capable d’être écoutée par l’orage, il accepta de l’entendre.
🐉 Le Pacte d’Aelarion
Kaeryn formula la demande des mortels : Laisser passer les voyageurs afin qu’ils puissent marcher parmi les étoiles.
Aelarion rit — Un rire qui fit vibrer le ciel entier — Puis répondit :
« Je n’accorderai ce droit qu’à une seule lignée mortelle. Et seulement si elle prouve que son désir d’infini est plus fort que sa peur du vide. »
Il fixa alors les règles du Pacte.
✧ Les Conditions du Ciel d’Éther
Pour éprouver les prétendants, Aelarion proclama l’épreuve ultime :
« Les premiers à atteindre l’une des deux lunes d’Elserath, Vaelune ou Orishar, gagneront le droit de franchir mon ciel. »
Une fois par an, les Dragons d’Éther ouvriraient le passage, laissant les mortels tenter leur chance. En respectant deux règles fondamentales :
- Seuls les êtres dotés d’une conscience peuvent passer. Aucune coque vide, aucune machine sans âme.
- Aucun vaisseau, aucune monture, aucun véhicule. Le ciel d’éther ne se traverse que par la volonté incarnée.
Les vainqueurs devraient, à jamais, Honorer les Dragons d’Éther et se souvenir que ce droit ne fut pas arraché, mais offert.
🌘 La Course à la Lune
Ainsi commença ce que l’histoire nomme : La Course à la Lune. Une épreuve sans vaisseaux, sans ailes mécaniques, sans routes tracées.
Les candidats furent projetés vers le ciel par des moyens aussi divers que dangereux :
- Canons humains à projection extrême
- Dispositifs de verre et d’impulsion
- Sorts de translation partielle
- Combinaisons capables de survivre au vide
- Propulsion magique, technologique, ou hybride
Certains s’élancèrent portés par la seule science, d’autres par le Chant, d’autres encore par l’alliance instable des deux.
🜂 Les Concurrents
Parmi les peuples et courants les plus actifs :
- Les Cendrés, pour qui l’espace est un territoire à comprendre.
- Les Arcanistes de Verre, cherchant une harmonie parfaite entre calcul et magie.
- Les Silencieux Éveillés, attirés par ce qui existe entre les notes du Chant.
- Les Skayans, pour qui toucher la lune est une manière d’écouter le ciel jusqu’au bout.
Beaucoup échouèrent. Certains disparurent. D’autres revinrent changés, le regard désormais tourné vers des horizons que nul mot ne peut décrire.
🐉 Le Verdict des Dragons d’Éther — Le Ciel est à Nous
« Le ciel n’est pas un chemin. Il est un trône. »
— Aelarion, Premier Dragon d’Éther
🌌 Le Ciel comme Royaume
Les mortels parlent d’espace. Les Dragons d’Éther parlent de territoire. Le ciel ultime d’Elserath — au-delà des vents, au-delà des nuages, au-delà même du Chant — est leur domaine souverain.
Il ne fut pas donné. Il ne fut pas partagé. Il fut pris, au premier souffle d’éther. Ainsi, nul ne peut le traverser sans leur autorisation. Non par loi. Par droit de puissance.
🌑 La Course à la Lune — Une Concession, non une Grâce
Lorsque Kaeryn Vael’Thra monta jusqu’au ciel d’Éther, elle ne fut pas épargnée par bonté. Elle fut tolérée. Son contrôle de l’orage amusa Aelarion. Son audace piqua sa curiosité. Alors il concéda une chose rare : Un jeu.
La Course à la Lune ne fut jamais conçue pour offrir un avenir aux mortels. Elle fut créée pour :
- Éprouver leur obstination
- Mesurer leur ingéniosité
- Observer jusqu’où va leur folie
- Et divertir les Dragons
« Regardons-les essayer. »
⚖️ Les Règles — Et Leur Sanction
Les règles de la Course ne sont pas sacrées. Elles sont arbitraires, car elles viennent de ceux qui n’ont rien à prouver.
- Seuls les êtres conscients peuvent tenter l’ascension. Les machines ne rêvent pas. Elles ne méritent pas le ciel.
- Aucun vaisseau, aucun véhicule. Celui qui cherche à contourner l’épreuve insulte directement le royaume d’éther.
Ceux qui trichent ne sont pas arrêtés. Ils sont détruits. Sans avertissement. Sans discours. Sans trace.
👁️ Comment les Dragons regardent les tentatives
Les Dragons d’Éther observent depuis les hauteurs immobiles. Ils ne compatissent pas. Ils ne s’émerveillent pas. Ils jaugent.
Certains rient. D’autres parient. Quelques-uns se souviennent d’anciens cataclysmes et murmurent : « Les mortels sont plus persistants que prévu. » Mais aucun n’oublie une chose : Ce ciel est à nous.
🐉 Sur l’idée d’un mortel victorieux
Les mortels rêvent d’un jour où un des leurs foulera Vaelune ou Orishar et gagnera le droit de voyager parmi les étoiles. Les Dragons d’Éther ne partagent pas ce rêve.
S’ils laissent un mortel réussir, ce ne sera ni par respect, ni par admiration. Ce sera parce que :
- Cela les amuse
- Cela sert leur propre dessein
- Ou parce que le monde a besoin d’une nouvelle leçon d’orgueil
Les Dragons ne s’inclineront jamais. Ils sont la hauteur. Ils sont la foudre silencieuse. Ils sont la frontière vivante.
🐲 Parole finale d’Aelarion
« Ne confondez pas notre patience avec une promesse. Le ciel n’attend personne. C’est le monde qui lève la tête — et tremble. »