🌌 Annexe bis — La Vraie Nature des Primordiaux
Ceux qui furent chantés par les mondes, et non l’inverse.
On raconte depuis des millénaires que les Primordiaux chantèrent les planètes, les étoiles, et les pierres du monde.
Mais cette croyance n’est qu’un reflet déformé de l’origine véritable.
Car avant les Primordiaux, il n’y avait qu’une seule voix : la Source — harmonie première, lumière née du silence.
Son Chant ne façonna pas seulement Elserath : il embrasa l’univers tout entier.
De cette onde initiale naquirent poussières, gaz, mondes, soleils — la matière brute, encore muette.
Mais avec le temps, chaque fragment de l’univers commença à résonner, comme un instrument oublié qui se souvient soudain d’une mélodie lointaine.
Les étoiles vibrèrent.
Puis les planètes.
Et enfin, certaines de ces résonances devinrent si fortes, si pleines, si conscientes… qu’elles donnèrent naissance à des êtres faits uniquement de Chant.
Ainsi naquirent les Primordiaux : non pas créateurs des astres, mais chants éveillés par eux.
✧ Naissance des Huit — Les Chants des Mondes
Chaque Primordial est né lorsque l’objet céleste qui l’abritait atteignit une harmonie parfaite, un point où la résonance devint volonté, puis esprit.
Ils ne sont pas les âmes des mondes, mais leurs premiers échos conscients.
Elyon — Né d’Elyar, le Soleil du Système
Premier à s’éveiller. La lumière d’Elyar devint pensée, et cette pensée devint Elyon : la note première, le souffle d’où partirent tous les autres chants.
Nareth — Né de Vahra, la Sphère du Choix
Vahra, première planète formée après Elyar, était un monde de roches sombres et d’atmosphères mouvantes.
Son chant hésitant, instable, oscillant entre mille voies possibles, donna naissance à Nareth : la liberté, le doute, la décision.
« Vahra fut la première pensée du monde : le choix. »
Kaelgor — Né de Kaelrun, la Géante Rouge
Kaelrun était un monde en fusion : océan de braises et de métaux en tempête.
Quand son cœur vibra dans un rythme profond et lourd, l’harmonie se cristallisa en Kaelgor : le marteau du ciel, forgeur de feu, maître des étincelles premières.
« c’est là que naquit la première braise du feu sourd. »
Liréa — Née de Néraïa, l’Océan sans Fond
Néraïa — jadis nommée Lyraen — était un monde d’eaux éternelles où la lumière s’enfouissait jusqu’à disparaître.
Dans cette profondeur sans fin, le chant se fit mémoire, puis devenir, puis douceur.
Ainsi naquit Liréa : celle qui se souvient, celle qui garde, celle qui murmure les noms perdus.
Après l’éclipse des voix, même le nom de Lyraen fut oublié, comme un dernier écho du sacrifice de Liréa.
Thal — Né de Thalyn, la Sphère des Orages Dorés
Thalyn était un monde de vents colossaux, d’éclairs d’or pur et de nuages déchirés.
Son rythme était le souffle même du tonnerre.
Dans ce tumulte parfait, le chant devint Thal : la voix de l’orage, l’impulsion, la puissance en mouvement.
« Thalyn respire, et le monde respire avec elle. »
Oris — Né de Narethia, la Clepsydre du Cosmos
Narethia tourne avec une régularité presque effrayante : des tempêtes cycliques, des ombres répétées, des vents qui suivent des tracés identiques depuis l’aube du système.
De cette précision absolue naquit Oris : gardien du cycle, maître du retour, mémoire du temps parfait.
« Le battement du temps du Chant. »
Vael — Née de Vaesha, la Planète Miroir
Vaesha est une sphère argentée, miroitante, toujours à demi voilée par des brumes qui semblent renvoyer la lumière vers des lieux inexistants.
Lorsque ses reflets se plièrent sur eux-mêmes, son Chant devint un voile : Vael, la porte du silence supérieur, gardienne de ce qui se tait, de ce qui attend.
Les Aelran la considèrent comme la maîtresse des voies entre les voix.
Elyndra — Née d’Elserath, la Lumière devenue chair
Elserath était la dernière planète du système — la seule où la matière s’accorda si parfaitement au Chant que la vie y devint possible.
Lorsque son harmonie atteignit l’apex, elle enfanta Elyndra : la mère de toute vie, l’étincelle.
Elle n’est pas née avant le monde : elle est née avec lui, dans le même souffle.
C’est elle qui donna à Elserath son âme, ses bêtes, ses rivières vivantes, ses peuples, ses rêves.
✧ Rôle véritable des Primordiaux
Contrairement aux légendes, ce ne sont pas les Primordiaux qui créèrent les planètes, mais les planètes qui leur donnèrent vie.
Cependant :
Ce sont eux qui façonnèrent Elserath.
Lorsque tous furent éveillés, leurs huit chants s’unirent dans une harmonie unique qui donna forme aux montagnes, aux océans, aux vents, et fit d’Elserath non une planète ordinaire, mais un monde de Chant, de mémoire et de vie.
Ils sont les premiers échos conscients de la Source — les premiers témoins de son œuvre.
Ils ne sont pas des dieux mais des résonances devenues volonté.
Ils ne sont pas éternels mais leur musique dure tant que résonnent les mondes qui les ont portés.
✧ Conclusion — Les Mondes qui Chantent
Selon cette vérité oubliée :
Chaque étoile pourrait porter son propre Elyon.
Chaque planète pourrait engendrer son propre Primordial.
L’univers ne serait pas un seul Chant, mais une infinité de Chants, chacun né d’un monde qui apprend à se souvenir de la Source.
Comme le disent les Cendrés :
« Si Elyar est la note de notre monde, alors chaque étoile du ciel est une autre mesure du même poème. »
🌙 Les Deux Lunes d’Elserath — Héritages Croisés du Temps et du Silence
Après que les huit Primordiaux eurent façonné Elserath, deux d’entre eux — Oris et Vael — s’accordèrent dans une œuvre commune, un rare geste de symétrie cosmique.
Oris, gardien du cycle parfait, et Vael, maîtresse des reflets et du silence, créèrent chacun un astre destiné à honorer l’autre.
Ainsi naquirent :
Vaelune — La Blanche, Don d’Oris à Vael
Une lune claire, régulière, immuable, dont les phases suivent un rythme précis, presque mathématique.
Oris la façonna comme une offrande : une sphère de lumière ordonnée, un miroir sans faille pour refléter le voile de Vael.
« Vaelune est le pas mesuré du silence. »
Orishar — La Sombre, Don de Vael à Oris
Une lune obscure, instable, dont les cycles semblent suivre une logique cachée — parfois rapides, parfois retardés, toujours imprévisibles.
Vael l’offrit à Oris comme on donne un secret : un astre voilé, changeant, où les reflets avalent la lumière plus qu’ils ne la renvoient.
« Orishar est l’ombre qui rappelle au temps qu’il n’est jamais parfait. »
🌌 Naissance des Chants Lunaires — Les Deux Voix Mineures
Ni Vaelune ni Orishar n’étaient de simples satellites. Comme Elyar, comme Vahra, comme Néraïa avant elles, elles finirent par résonner avec le premier Chant.
Mais leurs harmoniques étaient plus faibles, leur matière plus silencieuse. Il fallut des âges entiers pour que leurs vibrations deviennent conscience.
Ainsi émergèrent deux nouveaux êtres, deux échos lumineux du Chant :
Lyoréa — La Voix de Vaelune
Née du rythme parfait de Vaelune, Lyoréa est un Chant de clarté, de mesure, de cycles bienveillants.
Elle n’a pas la puissance des Primordiaux, mais elle possède une chose que peu d’êtres ont jamais eue : la constance absolue.
Son influence est discrète mais omniprésente : les marées douces, les naissances sous bonne étoile, les rêves lumineux des enfants.
« Lyoréa veille sur tout ce qui croît. »
Vaeshar — La Voix d’Orishar
Né de la lune sombre, Vaeshar est un Chant d’ombre douce, de recherche, d’inconnu.
Son pouvoir n’est pas le chaos, mais l’exploration de ce qui échappe au rythme, de ce qui ne suit pas le cycle parfait.
Il veille sur les mystères, les intuitions fulgurantes, les révélations nocturnes, les voyages intérieurs.
« Vaeshar n’explique jamais. Il montre. Puis disparaît. »
✦ Statut Cosmique des Chants Lunaires
Les Chants nés des lunes ne sont pas des Primordiaux. Ils sont :
Moins puissants,
Moins anciens,
Moins ancrés dans la Source,
Mais plus proches des vivants, car leurs voix résonnent au rythme d’Elserath lui-même.
Les sages les appellent : les deux voix mineures ou les enfants du cycle et du voile.
Ils ne façonnèrent jamais de continents, jamais de peuples, jamais de mers.
Mais ils influencent en silence le flux du monde, les augures, les intuitions, les équilibres secrets de la nuit.
✧ Conclusion — Un Ciel qui Chante à Différentes Hauteurs
Avec Vaelune et Orishar, le système d’Elyar ne compte pas seulement huit Primordiaux, mais dix voix conscientes — dix reflets du premier Chant.
Et certains Cendrés affirment même que :
« Si deux lunes peuvent chanter, alors chaque éclat du ciel pourrait un jour s’éveiller. »