1. ⚒️ Enfants de Kaelgor et Gardiens du Feu Sourd
« C'est le Père qui travaille encore. »
— Prière commune des Forges de Kar'Drath
Quand les premières montagnes s'élevèrent sous le souffle de Kaelgor, la terre vibra comme une enclume sous le marteau du monde.
Du feu et de la pierre jaillirent les premiers Nains — non pas créés, mais forgés : sculptés dans la roche vivante, trempés dans la lave, et éveillés par le souffle patient du Forgeron primordial.
Kaelgor leur transmit la force silencieuse de la pierre et la flamme intérieure du métal en fusion. Leur peau portait la teinte du fer, du cuivre ou du basalte, leurs yeux brillaient comme des braises, et leurs voix résonnaient des profondeurs de la terre.
Ils furent les premiers bâtisseurs d'Elserath, les gardiens de la forme et de la matière. Là où d'autres peuples cherchaient le ciel ou la mer, les Nains choisirent la profondeur — car ils savaient que la source chante aussi sous la pierre.
2. ⚒️ Nature et Essence
Les Nains sont des êtres de mémoire matérielle. Ils ne créent pas par inspiration soudaine, mais par accumulation patiente, par répétition millénaire, par transmission ininterrompue.
Leur essence est double : feu et pierre. Le feu leur donne la volonté de transformer, la pierre leur donne la patience d'endurer. Cette dualité se reflète dans tout ce qu'ils font : leurs forges brûlent éternellement, mais leurs cités sont taillées pour survivre aux âges.
Les Nains dégagent une chaleur constante, vestige du feu primordial qui coule encore dans leurs veines. Leur peau se durcit avec l'âge, marquée de rainures naturelles qui ressemblent aux strates de la roche. Les plus anciens Nains paraissent presque minéraux, comme si la pierre cherchait à reprendre ce qui lui fut arraché.
Ils croient que le Père-Forgeron travaille encore, et que chaque coup porté dans leurs ateliers fait écho à son marteau divin. Leur foi se résume à une maxime simple :
« La pierre ne se brise que si l'on oublie son nom. »
3. 🔨 Description Physique
| Caractéristique | Description |
|---|---|
| Taille | Entre 1,30 m et 1,50 m, trapus et puissants. Leur carrure compacte cache une force prodigieuse. |
| Peau | Cuivre, bronze ou gris de roche, parfois veinée de rouge incandescent comme si le magma coulait encore sous l'épiderme. Avec l'âge, elle se durcit et se strie de rainures naturelles. |
| Cheveux | Noirs, bruns ou argentés, toujours épais, souvent tressés en motifs complexes qui indiquent leur lignée et leur rang. |
| Yeux | Or ou rouge feu, brillants dans l'obscurité. Un Nain peut voir la chaleur résiduelle dans la pierre froide. |
| Particularités | Ils dégagent une chaleur constante, perceptible à proximité. Leurs mains sont calleuses, marquées de cicatrices honorables — chaque balafre raconte une forge, chaque brûlure un ouvrage. |
| Longévité | Environ deux siècles. Les plus anciens deviennent presque immobiles, comme si leur corps retournait lentement à la pierre. |
4. 🏔️ Les Royaumes Souterrains
Sous les montagnes s'élèvent leurs royaumes éternels :
Kar'Drath, la Forge Rougeoyante — cœur sacré de la civilisation naine, où brûle la Forge primordiale allumée jadis par un Djinn. Son feu ne s'est jamais éteint.
Nûr-Mara, la Cité de Fer — métropole industrielle aux dômes de cuivre et d'or, où les Créateurs conçoivent les merveilles mécaniques du monde.
Thragûn, la Voûte des Cent Marteaux — centre d'apprentissage où chaque Nain apprend son art pendant des décennies avant de recevoir son premier marteau.
Leurs cités sont taillées dans la roche comme dans la mémoire du monde. Des arches de basalte soutiennent des dômes de cuivre et d'or, et la lumière des forges coule à travers les galeries comme des rivières de feu.
Au sommet de leur hiérarchie se tiennent les Maîtres-Forgerons, guidés eux-mêmes par les Thram-Kael, les « Écoutants du Feu Sourd », sages entre les sages.
5. 🏛️ Fonctionnement de la Société Naine — l’Ordre des Trois Feux
Les Nains ne sont gouvernés ni par un roi, ni par un conseil, ni par les armes. Ils sont guidés par le feu, par la mémoire, et par la pierre.
Leur société repose sur trois pôles, que l’on nomme les Trois Feux de Kaelgor :
Le Feu Sourd — la voix des Runar-Kael
Le Feu Vivant — les Thram-Kael et les Maîtres-Forgerons
Le Feu Partagé — les Artisans du Feu et les Paladins Runiques
Ensemble, ces trois feux maintiennent l’équilibre des cités sous la montagne.
🔥 I. Les Thram-Kael — Les Écoutants du Feu Sourd
(Autorité suprême des cités naines)
Chaque grande cité — Kar’Drath, Nûr-Mara et Thragûn — est dirigée par un Thram-Kael, l’un des trois sages capables d’entendre le Feu Sourd dans son silence.
Ils ne commandent pas : ils interprètent. Ils n’ordonnent pas : ils conseillent.
Leur rôle est de garantir que chaque décision, qu’elle soit politique, militaire ou artisanale, respecte la mémoire de Kaelgor et la stabilité de la montagne.
Les trois Thram-Kael se réunissent une seule fois l’an, dans la Salle d’Écho des Trois Feux, où brûlent trois flammes qui ne se sont jamais éteintes depuis la Création.
On dit que lorsque les trois flammes vacillent à l’unisson, une nouvelle ère naît dans les profondeurs.
⚒️ II. Les Maîtres-Forgerons — Les Mains du Monde
Sous l’autorité directe des Thram-Kael se trouvent les Maîtres-Forgerons, dirigeants de chaque lignée artisanale et militaire.
- Superviser les forges sacrées,
- Transmettre les techniques millénaires,
- Accepter ou refuser un apprenti,
- Décider de la création ou de la réparation d’un ouvrage majeur,
- Organiser la défense des cités en temps de crise.
Ils sont la force structurante de la société naine : pour les Nains, un Maître-Forgeron n’est pas un chef — c’est une pierre d’angle. Ceux qui marchent derrière eux suivent une tradition immuable.
🔥 III. Les Runar-Kael — Les Solitaires du Feu Sourd
(Une autorité morale absolue, mais sans pouvoir politique)
Les Runar-Kael ne répondent à personne. Pas même aux Thram-Kael. Pas même aux Maîtres-Forgerons.
Ils vivent à part, dans les salles silencieuses où brûlent les flammes primordiales. Ils consacrent leur vie entière à la création d’une rune unique, une œuvre qui contient leur âme et leur vision du monde.
Ils sont respectés infiniment, honorés par tout un peuple, mais ils ne se mêlent jamais de la gouvernance, ni des guerres, ni des décisions collectives.
« Quand un Runar-Kael sort de sa forge, le monde tremble. »
Car si l’un d’eux parle, cela signifie que la montagne elle-même a quelque chose à dire.
🔥 IV. Les Artisans du Feu — Les Porteurs de la Flamme Vivante
Les Artisans du Feu sont ceux qui reproduisent, avec humilité et perfection, les runes originelles créées par les Runar-Kael.
Ils sont les gardiens du fonctionnement quotidien de la cité :
- Ils gravent les runes des dômes de lumière,
- Ils régulent la température des forges profondes,
- Ils animent les Golems de pierre,
- Ils entretiennent les lignes de feu sous la montagne,
- Ils préservent la mémoire runique des outils et des armures.
Ils ne détiennent aucune autorité politique, mais leur parole est écoutée par tous — car seuls des insensés ignorent les conseils de ceux qui entretiennent le feu qui maintient la cité vivante.
« Le Feu Vivant ne ment jamais. »
Et les Artisans du Feu en sont les interprètes.
⚔️ V. Les Paladins Runiques — Les Marteaux de Pierre
Les Paladins Runiques sont les guerriers d’élite des Nains. Ils ne se battent pas pour la gloire, ni pour le pouvoir, mais pour protéger la mémoire.
Chaque Paladin porte :
- Une armure gravée de runes vivantes,
- Un marteau ou une hache runique,
- Le serment de veiller sur les Runar-Kael et sur la Forge primordiale.
Ils sont considérés comme des héros, non pour leurs victoires, mais parce qu’ils incarnent la rencontre parfaite entre la discipline, la mémoire et le feu.
La mort d’un Paladin est un événement pour tout le peuple : son nom est gravé dans la pierre, et une rune mineure est laissée dans la salle des échos, comme une braise rendue au Feu Sourd.
🔥 VI. Les Cinq Lignées
Les Nains sont divisés en cinq lignées, chacune gardienne d'un aspect de leur civilisation :
Les Veilleurs
Gardiens des forges et des lignes de feu sous le monde. Ils surveillent les failles volcaniques et maintiennent les chemins de lave qui alimentent les cités.
Les Briseurs
Artisans de guerre et maîtres des métaux. Ils forgent les armes et les armures, et forment les Paladins Runiques.
Les Créateurs
Architectes et inventeurs. Ils conçoivent les merveilles mécaniques et les structures qui défient le temps.
Les Réparateurs
Restaurateurs des œuvres anciennes. Ils peuvent lire dans le métal la mémoire de sa création et réparer ce que d'autres considèrent comme perdu.
Les Conteurs
Gardiens de la mémoire et des runes. Ils gravent l'histoire dans la pierre et transmettent les chants du Feu Sourd.
🕊️ VII. Les Élus de la Pierre — Les Adoptions
Les Nains, malgré leur rigueur, ne ferment pas leurs portes aux autres enfants du monde. Ils croient que le feu de Kaelgor brûle dans toute âme capable de créer, et qu'il n'est pas réservé aux seuls nés de la pierre.
Ainsi, au cours des âges, certains étrangers ont été adoptés par les lignées naines après avoir prouvé leur valeur, leur courage ou leur génie.
Depuis le commencement du monde, cela n'est arrivé que cinq fois :
Élyra de Leth et Marienne l'Ouvrière (Humaines) — accueillies parmi les Créateurs, pour avoir conçu des ponts de pierre et de feu capables de résister aux marées du temps.
Karn Fils-du-Brasier (Orc) — a rejoint les Briseurs après avoir tenu contre les ombres et réveillé la Forge primordiale lors de la Grande Dissonance.
Shaël-des-Feuilles (Wyverien) et Naïren-des-Flots (Lireathi) — reçus parmi les Conteurs, pour avoir traduit les chants du souffle et les hymnes des profondeurs en runes de feu et d'écume.
Une fois adoptés, ces élus deviennent des Nains à part entière : leur nom est gravé dans la pierre, leur lignée inscrite dans le métal vivant. Ils sont honorés comme frères et sœurs du feu, et leurs descendants, s'ils le souhaitent, peuvent eux aussi revendiquer la flamme de Kaelgor.
🜂 VIII. L’Harmonie des Trois Feux
« Sans les Thram-Kael, le feu se tait.
Sans les Maîtres-Forgerons, la montagne se brise.
Sans les Runar-Kael, le monde oublie.
Sans les Artisans du Feu, tout s’éteint.
Sans les Paladins, tout brûle. »
Ainsi se maintient la plus ancienne des civilisations du monde : non par la conquête, ni par la magie, mais par la fidélité à la pierre, au feu et au chant du monde.
6. 🔥 Le Kaelrun'thar — Le Feu Sourd
Grand Maître : Runar-Kael Edrum, des Forges de Kar'Drath
« Ce n'est pas la main qui grava la première rune, mais le feu qui se souvint. »
— Chroniques de Kar'Drath, Chant du Runar Premier
Essence
Le Kaelrun'thar — littéralement « Feu Sourd » — est la magie propre aux Nains. Ce n'est pas une flamme qui consume, mais une parole que le feu chuchote à la pierre.
Les Nains n'emploient pas le feu pour briser la matière, mais pour l’éveiller. Leur magie permet de maintenir les feux vivants, d'entretenir les forges éternelles, de parler à la roche et de graver des enchantements dans la pierre et le métal.
Le Kaelrun'thar est l'art de la Rune : chaque symbole gravé est un souvenir rendu visible, une mémoire inscrite dans la matière qui lui permet de se rappeler ce qu'elle peut devenir.
Une rune peut renforcer la résistance d'une œuvre, rendre son porteur insensible au feu ou au froid, accroître la force ou l'endurance, ou préserver le nom du Forgeron dans la mémoire du métal.
On dit que, dans le silence des forges profondes, les flammes du Feu Sourd murmurent encore les chants des anciens Dijnns.
🜂 Philosophie du Kaelrun'thar
Le Feu Sourd n'est ni une arme, ni un outil : c'est une conversation avec la matière.
Les Nains croient que toute chose possède une mémoire enfouie, et que le rôle du Forgeron est de l’éveiller, non de l'imposer.
Leur sagesse tient en une seule maxime :
« Ce que la main grave dans la pierre, le monde l'entend à jamais. »
Ils n'enseignent pas à créer plus vite, mais à créer plus juste. Car, disent-ils, ce qui est bien fait traverse les âges, et ce qui est mal fait ne mérite pas d'exister.
🩸 La Rune Parfaite — Le Nom du Monde Gravé dans la Pierre
Avant que les Nains ne parlent au métal, avant même qu'ils ne nomment le feu, le premier Runar-Kael, appelé le Forgeron-Silence, descendit seul dans la Forge primordiale, là où brûlait encore le dernier Feu Djinn.
Il traça un signe dans la pierre vivante, et la matière, pour la première fois, répondit. Ainsi naquit la Rune Parfaite, le premier accord entre la volonté et le monde.
Elle ne commande pas — elle rappelle. Elle ne crée pas — elle réveille. En elle bat le Nom Véritable du Monde, gravé non en mots, mais en rythme : le battement du Feu Sourd au cœur de la montagne.
Lorsque le Runar-Kael acheva son œuvre, il remit son souffle au feu, et son corps se figea dans la pierre, gardien éternel de la Rune Parfaite. Les Nains disent qu'il demeure sous Kar'Drath, et que ses yeux s'ouvrent quand la Forge primordiale chante.
🕯️ Les Runar-Kael — Prêtres du Feu Sourd
Les prêtres de Kaelgor sont appelés les Runar-Kael, « ceux qui gravent la parole du feu ».
Chacun consacre sa vie entière à forger une seule et unique rune — symbole parfait de son âme et de sa compréhension du monde. Ces Runes Originelles, véritables âmes de leurs créateurs, sont conservées dans la Salle des Échos de Kar'Drath — un sanctuaire silencieux où brûle le feu des mémoires.
Là, les Paladins Runiques veillent jour et nuit, armes au poing et runes sur le cœur, garants que nul souffle impur ne souille le savoir du feu.
Autour d'eux œuvrent les Artisans du Feu, qui reproduisent les runes sous la guidance des prêtres. Ces copies, bénies mais allégées de leur âme, sont celles que le monde connaît et utilise :
- Elles chauffent et refroidissent l'eau,
- Font briller les dômes de lumière dans les cités souterraines,
- Animent les Golems de pierre et de magma,
- Gravent sur les armures runiques la force du Feu Sourd.
Les copies chantent plus bas que les originelles, comme une flamme répétant le souvenir d'un brasier. Mais toutes portent la trace du même feu, et rappellent aux Nains la parole du Père :
« Ce que la main grave dans la pierre, le monde l'entend à jamais. »
Ces runes sont sacrées : les détruire est un crime sans pardon. Il est dit qu'un Runar accompli peut entendre battre le cœur d'Elserath en posant sa main contre la pierre chaude des forges.
Les Nains enseignent que lorsque toutes les Runes Originelles seront réunies autour de la Rune Parfaite, le chant premier du feu renaîtra, et la pierre se souviendra de tout ce qu'elle a porté.
⚒️ La Pioche Sacrée — Premier Souffle du Feu Sourd
« Le premier coup ne fut pas donné pour creuser, mais pour comprendre. »
— Runes du Père Forgeron, Tablette I
Avant que la lumière n'apprenne à se refléter, avant même que le feu ne connaisse le souffle, les premiers Nains — fils de Kaelgor — levèrent la main vers la pierre. De leur forge encore nue, ils tirèrent un outil, non de conquête, mais d’écoute : la Pioche Sacrée, première œuvre née du vivant, premier chant de la matière.
Ils frappèrent la roche et entendirent son écho répondre. Et dans ce son, le monde comprit qu'il n'était plus seul.
Kaelgor, ému de voir que ses enfants avaient su créer sans son feu, prit la pioche et la porta devant le Conseil des Huit. Les Primordiaux, émerveillés, y virent le premier acte de création véritable, né non d'un dieu, mais d'une volonté libre.
Alors ils la bénirent — tous.
Élyndra, mère de la vie, y insuffla le souffle du renouveau, afin que chaque frappe réveille plutôt qu'elle ne brise.
Kaelgor, père du feu, y grava sa propre flamme, pour qu'elle demeure chaude même dans la pierre morte.
Thal, seigneur des vents, y versa le mouvement, pour qu'aucune main ne s'y fige jamais.
Vael, gardienne de la mémoire, y grava le rappel des anciens, pour que la roche se souvienne des coups qu'elle reçoit.
Oris, voix des ombres, y plaça le repos, afin que le travail s'arrête avant l'oubli.
Lirea, mère des océans, y ajouta une larme de sel, pour que la pierre parle au cœur comme aux profondeurs.
Élyon, le premier, y scella la volonté de créer sans crainte, bénissant le geste lui-même.
Nareth, le doute, y posa enfin sa marque, murmurant :
« Que celui qui frappe se demande toujours pourquoi. »
Et Kaelgor dit :
« Mes fils ont donné forme à la volonté du monde, et désormais le monde leur répond. »
Ainsi, la Pioche Sacrée devint le seul et unique objet béni par les Huit Primordiaux à la fois — le cœur des Forgerons, la main du monde.
Nul Nain ne forge sans invoquer son nom. Dans les profondeurs de Kar'Drath, un autel de pierre conserve la marque de son dernier coup, et quand les lignes de feu s'allument, on dit que la montagne entière chante sa première note.
Elle fut perdue lors de la Fracture du Ciel, engloutie dans le magma du Feu Sourd. Mais les Thram-Kael affirment que son écho résonne encore, et que toute forge qui s'éveille, quelque part dans le monde, fait naître une étincelle issue de cette Pioche première.
« Là où le métal s'incline, le chant se souvient. »
🔮 Exemples Historiques du Kaelrun'thar
Les Anneaux d'Énergie d'Altherion
Pendant les Guerres d'Astral, les Nains forgèrent les anneaux d'énergie qui maintinrent Altherion debout. Chaque anneau portait une rune de stabilité, gravée par un maître différent.
Les Golems de la Grande Dissonance
Les Briseurs animèrent des Golems de pierre et de magma pour tenir les lignes de feu. Ces créations portaient les runes de combat les plus puissantes jamais gravées.
La Restauration de Nûr-Mara
Après l'effondrement partiel de la cité, les Réparateurs lurent dans le métal la mémoire de sa construction originelle et la reconstruisirent pierre après pierre, identique à l'original.
Les Armures Runiques des Paladins
Chaque Paladin Runique porte une armure gravée de runes protectrices. Ces runes sont vivantes — elles s'adaptent au combat et se renforcent avec chaque bataille survécue.
⚠️ Risques et Limites
- Graver une rune exige des années de préparation. Une seule erreur peut rendre l'ouvrage inutilisable.
- Les Runes Originelles ne peuvent jamais être reproduites parfaitement — les copies sont toujours affaiblies.
- Détruire une Rune Originelle est un sacrilège qui condamne le responsable à l'exil éternel des forges.
- Le Feu Sourd exige un sacrifice : chaque grande rune consume une part de la vie du Forgeron. Les plus grands maîtres meurent jeunes, épuisés par leur œuvre.
- Tenter de graver une rune sans en comprendre le sens peut consumer le Forgeron entier.
7. 🕯️ Foi et Philosophie
Les Nains ne craignent ni le temps ni la mort. Ils croient que le Père-Forgeron travaille encore, et que chaque coup porté dans leurs ateliers fait écho à son marteau divin.
Leur foi se résume à une maxime simple :
« La pierre ne se brise que si l'on oublie son nom. »
Et leur prière commune murmure :
« C'est le Père qui travaille encore. »
Les Nains enseignent que la mémoire n'est pas abstraite — elle est gravée. Chaque rune est une victoire contre l'oubli, chaque forge est un temple, chaque marteau est une prière.
Ils ne prient pas pour être sauvés. Ils forgent pour que le monde se souvienne.
💬 Maxime de Runar-Kael Edrum
« Le feu ne commande pas — il se souvient. »
8. ⚔️ Le Chemin des Âges
Les étapes qui définissent l'histoire des Nains sont marquées par le marteau et la mémoire :
| Âge / Événement | Description |
|---|---|
| L'Âge de la Pierre Première | Naissance des Nains dans les forges de Kaelgor. Création de la Pioche Sacrée, bénie par les Huit Primordiaux. |
| La Fracture du Ciel | Les Nains demeurent dans les profondeurs, consolidant les fondations du monde. Leurs marteaux aident à refermer les plaies de la terre. La Pioche Sacrée est perdue dans le magma. |
| L'Éclipse des Voix | Quand les Dijnns disparaissent, les Nains posent tous leur marteau. Pendant un jour et une nuit entiers, pour la première et unique fois de leur histoire, aucun tintement de métal ne résonne dans les cités naines. Ce silence devient leur deuil et leur prière. |
| Les Guerres d’Astral | Les Nains s'allient aux Convergents pour préserver les Arches. Ils forgent les anneaux d'énergie qui maintinrent Altherion debout. Quand la dernière Arche s'effondre, la montagne gémit et Nûr-Mara s'effondre en partie. |
| La Reconstruction | Les Nains reconstruisent pierre après pierre, jurant de ne jamais oublier la fragilité du monde des hommes. |
| La Grande Dissonance | Les Nains sont parmi les premiers à répondre à l'appel des Cendrés. Leurs forges deviennent des bastions. Les Briseurs tiennent les lignes de feu, les Réparateurs sauvent les cités blessées, et les Conteurs consignent chaque nom. |
9. 🤝 Relations avec les Peuples d'Elserath
« Nous jugeons un peuple à son feu — pas à ses paroles. »
— Thram-Kael Durôm, 487 ESR
🔥 Les Djinns — La Flamme Première
Pour les Nains, les Djinns furent les premiers êtres à comprendre que le feu n’est pas destruction, mais mémoire vivante. Lorsqu’ils allumèrent la Forge Primordiale de Kar’Drath, ils ne créèrent rien de nouveau : ils révélèrent simplement ce que le monde contenait déjà, endormi dans la pierre.
Ils n’offrirent pas aux Nains leur magie — car le Kaelrun’Thar était en eux depuis la genèse. Mais ils leur apprirent à l’écouter : à sentir la pulsation du métal, à percevoir le souffle enfoui sous la roche, à comprendre qu’une lame n’est pas seulement forgée, mais souvenue.
Lorsque les Voix se turent lors de l’Éclipse, les Nains observèrent un deuil silencieux. Les Djinns étaient partis — mais la Forge brûlait encore.
« Le silence est le dernier hommage du feu. »
🌘 Les Aelran — Les Gardiens du Souvenir
Les Aelran sont aux Nains comme le ciel est à la pierre : lointains, immenses, mais étrangement familiers. Les deux peuples révèrent la mémoire — l’un en la gravant dans la roche, l’autre en la tissant dans les constellations.
Dans les galeries de Thragûn, certains Oracles aelrans étudièrent un temps les runes primitives, découvrant que la pierre raconte ce que le ciel ne voit pas : les gestes des mains, les travaux des siècles, les voix des oubliés.
Pourtant, une retenue demeure. Les Thram-Kael respectent les Aelran, mais redoutent leur pouvoir de changer le Chant. Les Nains écrivent le monde — ils ne le corrigent jamais.
🕊️ Les Hommes — Les Frères du Feu qui Illumine
Les Hommes sont, pour les Nains, un peuple au feu inhabituel : non pas chaud, mais lumineux. Ils n’attendent pas du monde qu’il leur dise quoi faire — ils l’interrogent, le contestent, l’imaginent autrement. Cette audace émerveille les artisans de pierre.
Les premiers ateliers humains s’inspirèrent des Foyers de Pierre, où chaque outil portait un nom, chaque marteau une mémoire. Mais les Hommes transformèrent cette tradition en quelque chose de neuf : des machines fines, des mécanismes de précision, des inventions qui allaient plus loin que la simple forge.
L’adoption de Elyra de Leth et de Marienne l’Ouvrière parmi les Créateurs scella cette admiration mutuelle. Elles devinrent Naines non par naissance, mais par œuvre — car chez les Nains, le feu se mesure à ce qu’on laisse derrière soi.
« Là où d’autres voient l’obscurité, ils cherchent la flamme. »
🌿 Les Wyveriens — Les Fils du Souffle
Aux yeux des Nains, les Wyveriens sont l’expression du monde vivant — un peuple qui n’exige rien de la pierre, mais qui lui rappelle qu’elle respire. Leur rapport au monde n’est ni conquête ni construction : il est souffle.
Certains maîtres-forgerons étudièrent les rythmes wyveriens et découvrirent que le métal réagit au battement, à l’alternance de pression et de repos. C’est ainsi que naquirent les Forges Cadencées, où le marteau ne frappe pas pour briser, mais pour accompagner.
Lorsque Shaël-des-Feuilles fut adopté parmi les Conteurs, ce fut un événement sans précédent. Un être de brume et de chlorophylle rejoignait un peuple de feu et de roche. On dit qu’il apprit aux Nains ceci : la pierre n’est pas morte — elle attend.
⚡ Les Skayans — Les Voix de la Foudre
Entre Nains et Skayans existe une fraternité rude, sans tendresse mais sans mensonge. Les Skayans affrontent le ciel comme les Nains affrontent la terre — chacun refusant de plier devant son élément.
De leur observation naquit un secret : la foudre ne détruit pas seulement, elle renforce ce qu’elle ne brise pas. Les marteaux résonants, capables de fracturer la pierre sans la fragiliser, furent inspirés de cette logique — choc, résonance, transformation.
Cependant, les Thram-Kael se méfient de l’Orage. Trop proche de la Fracture du Ciel, trop lié aux anciennes catastrophes. Le respect est profond — mais vigilant.
🌊 Les Lireathi — Les Gardiens des Noms Perdus
Les Lireathi sont pour les Nains un miroir inversé. Là où la pierre conserve, l’eau efface — mais sans jamais trahir. Les Nains ont appris d’eux que la mémoire peut être fluide sans être infidèle.
Naïren-des-Flots, en traduisant les murmures des vagues en runes d’écume, révéla un concept que les Nains ignoraient : qu’une histoire peut changer de forme sans perdre son cœur. C’est cette découverte qui lui valut l’adoption parmi les Conteurs.
Les deux peuples ne partagent ni royaume ni route — mais ils partagent un serment tacite : empêcher l’oubli.
🩸 Les Orcs — Les Frères du Feu qui Brûle
Les Orcs sont les seuls que les Nains considèrent comme leur égal en force intérieure. Là où le feu nain forge, le feu orc consume — non par rage aveugle, mais par volonté pure.
Les Nains admirent leur courage direct, sans détour. Les Orcs, eux, voient dans les Nains une puissance contenue, un feu qui ne s’emporte pas mais qui ne s’éteint jamais. Ensemble, ils forment une alliance de braise et de roche — dangereuse pour quiconque voudrait l’affronter.
Lorsque Karn Fils-du-Brasier fut adopté par les Thram-Kael, ce fut une rupture dans l’histoire. Un Orc devenant porteur de runes : un frère du brasier devenu gardien du Feu Sourd. Lors de la Grande Dissonance, Karn raviva la Forge Primordiale non par le Kaelrun’Thar, mais par l’Ormah’Dur — le Souffle Rouge, brûlant sa propre force vitale pour tirer le feu du silence.
Son acte ne fut pas un exploit — mais un sacrifice. Les Nains en firent un serment :
« Eux ne plient pas. Nous ne reculons pas. »
🔥 La Place des Nains dans le Monde
Les Nains sont réputés pour être la plus ancienne civilisation d’Elserath. Avant les cités humaines, avant les tours skayanes, avant les chroniques aelranes, ils forgeaient déjà la pierre, le métal — et le souvenir.
Ils furent les premiers artisans : premiers bâtisseurs de royaumes souterrains, premiers graveurs de runes, premiers maîtres d’un art capable de donner forme durable au monde. Leur savoir s’enracine dans le Kaelrun’Thar, le Feu Sourd — une magie profonde et silencieuse.
Parmi les Trois Feux du Monde, les Nains sont le Premier Feu — celui qui forge. Sans la Forge, aucune lumière ne durerait, aucun brasier ne survivrait. Ils sont le socle sur lequel les deux autres feux — l’Homme qui illumine, l’Orc qui brûle — peuvent exister.
« Le premier feu n’est pas celui qui brille — mais celui qui rend le monde solide. »
10. 🛡️ Figures Illustres des Nains — Les Noms Gravés dans la Pierre
Les Nains n’érigent pas de statues pour célébrer leurs héros. Ils gravent leurs noms dans la pierre, et la pierre se souvient.
Chaque cité conserve un Mur des Brasiers Éteints, où brûlent les noms de ceux dont l’œuvre dépasse le temps. Ceux-ci sont parmi les plus révérés.
🔥 Edrum Runar-Kael — Le Porteur du Premier Souffle
« Le feu ne commande pas — il se souvient. »
— Edrum, devant la Forge primordiale
Edrum est considéré comme le plus grand maître du Kaelrun’thar depuis le Forgeron-Silence lui-même.
Né à Kar’Drath, il aurait, dit-on, entendu la Forge primordiale lui parler alors qu’il n’était encore qu’un apprenti.
Il consacra cent vingt-sept années à la création de sa rune. Quand il la grava, la roche vibra à travers toute la cité. Les flammes se courbèrent vers lui comme si elles reconnaissaient enfin un maître.
Sa rune — aujourd’hui encore conservée dans la Salle des Échos — est la seule capable d’éveiller la chaleur dans la pierre morte, et certains affirment qu’elle réagit en présence des reliques liées aux Dijnns.
Edrum ne prit jamais de disciple. Il enseignait par le silence :
« Si tu n’entends pas le feu parler, tu n’es pas prêt. »
Sa mort fut paisible : assis devant la Forge primordiale, le marteau posé à côté de lui, la flamme reflétée dans ses yeux.
Certains jurent que la forge brûla plus haut pendant trois jours.
⚔️ Tahrim Forge-Cœur — Première Paladine Runique
« Là où la pierre plie, je me tiens.
Là où le feu faiblit, je me relève. »
Tahrim Forge-Cœur est un nom que tous les Nains connaissent. Elle fut la toute première Paladine Runique, avant même que l’ordre ne soit formalisé.
Selon les chroniques de Thragûn, elle forgea elle-même son armure et ses runes, refusant qu’un autre y laisse sa marque.
Son armure — la Carapace de Feu Sourd — est considérée comme une merveille absolue :
- Aucune rune n’y fut copiée,
- Toutes furent inventées,
- Formées directement du dialogue entre Tahrim et la pierre.
Son exploit le plus célèbre survint lors de la fermeture de la Brèche de Vael, quand un gouffre perturbé par les résidus de l’entropie menaçait d’avaler toute une galerie.
Tahrim s’avança seule dans la faille, posa ses deux mains contre les parois brûlantes, et activa toutes ses runes d’un même souffle.
La pierre se referma sur elle.
Quand les Nains rouvrirent le passage des décennies plus tard, son armure reposait intacte dans la roche scellée, sans trace de son corps. Les Conteurs disent qu’elle « marche encore dans les veines du monde ».
Aujourd’hui, son armure est exposée dans la Salle des Marteaux Silencieux, protégée par dix Paladins Runiques qui se relaient nuit et jour.
⚒️ Baldrek Lame-Astral — Maître-Forgeron de Nûr-Mara
Baldrek fut l’un des rares Nains à comprendre la résonance des anneaux d'énergie forgés par ses ancêtres pour soutenir Altherion durant les Guerres d’Astral.
Il maniait le Kaelrun’thar comme d’autres manient le marteau : en écoutant la pierre et le métal, et en percevant dans leurs veines la moindre tension. On dit qu’il sentait les fractures avant même que la matière ne songe à céder.
La Lame-Astral qu’il forgea fut portée par plusieurs Paladins d’élite au cœur de la Grande Dissonance. Elle vibrait au rythme des résonances instables du monde, et ne coupait vraiment que ce qui avait oublié son nom.
🕯️ Shaël-des-Feuilles — Le Conteur Adopté
Wyverien de naissance, mais Nain de cœur, Shaël fut l’un des cinq élus adoptés par les lignées.
Il traduisit le chant du souffle vivant en runes de feu, créant ainsi l’un des premiers ponts entre la magie vivante et la matière.
Ses récits sont encore étudiés à Thragûn, où l’on enseigne aux jeunes Nains que :
« Toute vie respire, même la pierre. »
⚒️ Karn Fils du Brasier — Frère des Briseurs
Le seul Orc jamais adopté parmi les Nains.
Il ralluma une des lignes de feu durant la Grande Dissonance, sacrifiant une partie de sa vie pour stabiliser la Forge primordiale au moment où l’entropie menaçait ses fondations.
Pour les Nains, Karn n’est pas un allié : c’est un frère.
🜂 Voren Ombre-Brûlée — Premier Réparateur
Voren apprit à lire les fractures, à écouter la fatigue du métal, à comprendre la mémoire d’une arme usée.
Il fut le premier à dire :
« Ce qui est brisé n’est pas mort.
Ce qui se brise parle. »
Il reconstruisit des cités effondrées, répara des armes que l’on croyait perdues, et enseigna que la réparation est un art plus difficile que la création.
Il est l’ancêtre des Réparateurs, et son marteau est conservé dans la Salle des Lignes Muettes.
Les Nains ne cherchent ni la gloire ni l'immortalité. Ils forgent simplement, patiemment, éternellement. Et dans chaque coup de marteau résonne encore l'écho de la Pioche Sacrée — premier chant de la matière, première parole du monde qui répondit à ses enfants.