🐉 Annexe III — Les dragons

Les enfants de l’orgueil

🐉 Les dragons — Héritiers du souffle et de la flamme

« Ils naquirent du feu, du vent, et d’un rire partagé entre les dieux.
Et depuis ce jour, le ciel se souvient qu’il a un cœur. »
— Vers du Chant de la forge céleste

Les dragons ne furent pas les premiers à respirer librement sous les cieux. Avant eux vivaient déjà les Bêtes d’Elyndra — les mille formes de vie nées de sa joie créatrice — et les Djinns, enfants de lumière d’Elyon, qui contemplaient la vie avec sagesse et conscience.

Mais lorsque Thal, le vent libre, et Kaelgor, le forgeron silencieux, admirèrent la splendeur de leurs aînés, ils furent saisis d’un désir ardent : créer à leur tour — et surpasser ce qui avait été chanté avant eux.

Elyndra, amusée par leur orgueil et touchée par leur ferveur, posa sur leur œuvre un fragment de son souffle, afin que la vie s’y mêle à la flamme et à l’air. Ainsi naquirent les dragons : êtres de feu et de vent, d’orgueil et de douceur, dont le regard reflète la puissance des dieux et la tendresse d’un rire oublié.

Ils furent les seconds à contempler la vie avec conscience, mais les premiers à s’en croire maîtres. Dans leur orgueil, ils refusèrent d’être comptés parmi les races d’Elserath, déclarant qu’aucune chair née du monde ne pouvait leur être égale. Ils se proclamèrent les chefs-d’œuvre de la création, les seuls enfants des Primordiaux dignes d’être appelés dieux.

Les autres peuples les honorèrent d’abord, puis s’en méfièrent. Car les dragons ne bâtissent pas : ils règnent. Ils ne prient pas : ils se souviennent de la flamme qui les fit naître. Et dans le silence de leurs montagnes, leurs cœurs battent encore au rythme d’une arrogance ancienne, mêlée d’une infinie mélancolie.

Car au fond de leur orgueil somnole un héritage d’Elyndra — une tendresse cachée, une douceur fatiguée du feu, comme si même les dieux pouvaient regretter d’avoir voulu trop briller.


🪶 Les dragons Sylvains — Souverains de la vie

« Rien ne vit sans notre ombre. »
— Proverbe wyverien, transmis depuis le premier souffle

🌿 Nature et essence

Les dragons Sylvains, enfants du souffle de Thal, sont les gardiens des équilibres vivants. Ils incarnent le principe d’expansion et de renouvellement — la vie qui croît, se répand et se réinvente sans fin.

Leur essence est double : sève et souffle. La sève leur offre l’ancrage, la mémoire, la continuité du monde végétal. Le souffle, lui, leur confère le mouvement, la liberté et la transformation. Ainsi, chaque dragon Sylvain est à la fois enraciné et mouvant, gardien immobile et vent voyageur.

Ils rôdaient autrefois dans les forêts de Virelia et les hautes clairières, leurs écailles couvertes de mousse et de lumière se fondant dans les frondaisons. Leurs chants faisaient frémir les racines et vibrer les rivières dormantes, et l’on disait qu’à travers eux, la forêt respirait.

Mais leur bienveillance demeurait distante. Car même dans la sève, l’orgueil des dragons subsistait. Ils considéraient toute vie comme née de leur souffle — et qu'elle leur devait, en retour, respect et obéissance. Les dragons Sylvains ne sont pas cruels : ils sont hauts, lents et inflexibles, semblables à la croissance même qu’ils incarnent. Ils protègent les forêts comme un jardinier protège son œuvre — avec soin, mais sans jamais douter qu’ils en sont les maîtres.

🜂 Apparence et morphologie

Les dragons Sylvains comptent parmi les plus gracieux et les plus anciens de leur lignée. Leurs formes mêlent la puissance tellurique des dragons primordiaux à la légèreté des créatures ailées du vent.

Caractéristique Description
Taille Entre vingt et quarante mètres de long, selon l’âge et la densité du territoire qu’ils gardent.
Silhouette Fine mais musculeuse, aux proportions équilibrées, semblables à celles d’un serpent céleste doté de quatre pattes.
Ailes Deux immenses membranes translucides, striées comme du verre et parcourues de nervures dorées. Sous la lumière, elles diffractent les rayons en une pluie d’émeraudes et d’ambre.
Peau et Écailles Mêlant vert mousse, or ancien et brun mordoré. Certaines écailles portent des traces de lichen, d’autres fleurissent littéralement — des végétaux symbiotiques s’y enracinent, alimentés par la chaleur du dragon.
Tête Allongée, effilée, couronnée de ramures vivantes semblables à des bois de cerf couverts de feuillage. Leurs yeux, ambrés ou vert de pluie, reflètent le cycle des saisons.
Souffle Une brume dorée de vie, capable de guérir les blessures les plus profondes ou de corrompre la chair et la sève si leur colère s’éveille.
Odeur Mélange de sève chaude, de terre humide et de pluie d’été.
Voix Grave, lente, ondoyante — comme un vent ancien traversant les canopées.
Présence Lorsqu’ils approchent, les fleurs s’ouvrent, la brume se teinte d’or, et le vent se tait pour écouter.

Leur apparence est indissociable du Souffle Vivant : partout où ils passent, la nature se régénère — ou dépérit, si leur équilibre se brise.

🌲 Tempérament et philosophie

Les dragons Sylvains sont changeants, comme les saisons qu’ils personnifient. Leur humeur oscille sans transition entre la douceur d’une pluie d’été et la fureur d’un orage d’automne.

Ils se perçoivent comme les piliers du cycle vital, convaincus que sans leur souffle, les forêts se faneraient et le monde se figerait. Pour eux, la vie est un jardin qu’ils entretiennent depuis la naissance du monde, et chaque être vivant n’est qu’une fleur éphémère sous leur ombre éternelle.

Leur maxime, transmise de génération en génération, résume leur essence :

« Rien ne vit sans notre ombre. »

Les Wyveriens, leurs alliés et leurs serviteurs les plus anciens, disent d’eux avec un respect mêlé d’ironie :

« Ils donnent avec une main et reprennent avec l’autre — et s’attendent à des remerciements dans les deux cas. »

Les dragons Sylvains n’agissent ni par bonté ni par cruauté : leur bienveillance est conditionnelle, et leur colère, inéluctable. Ils protègent ce qui les honore, et consument ce qui ose les ignorer.

🌬️ Habitat et mode de vie

Les dragons Sylvains vivent au cœur des forêts anciennes de Virelia, là où la lumière du jour ne touche jamais le sol. Leurs repaires sont des nids vivants, tissés de branches, de lianes et de mousse, où la végétation croît en harmonie avec leur souffle. Au fil des siècles, ces sanctuaires deviennent d’immenses cathédrales végétales, dont les piliers sont des troncs et les voûtes des ailes pétrifiées.

Chaque dragon Sylvain revendique un territoire sacré, souvent vaste de plusieurs centaines de lieues. Y pénétrer sans invitation est considéré comme une offense grave — et souvent fatale.

Ils communiquent entre eux par des chants harmoniques qui voyagent à travers les racines et les réseaux mycéliens. Ces résonances sont si profondes qu’elles peuvent être entendues, parfois, jusque dans les forges de Kar’drath ou les rivages de Lysséa.

Leur nourriture est subtile : lumière, sève, vitalité ambiante. Certains se nourrissent de fruits géants ou d’animaux, mais la plupart se contentent d’absorber l’énergie du monde vivant, la recyclant en un souffle doré capable de guérir — ou de corrompre.

🕊️ Statut actuel dans le monde

Depuis la Grande Dissonance, les dragons Sylvains se sont retirés dans les profondeurs de Virelia. Beaucoup ont choisi le sommeil végétatif, enracinant leurs corps dans la terre jusqu’à devenir des arbres géants. Les plus anciens d’entre eux sont désormais indiscernables des forêts qu’ils ont créées : leurs ailes sont devenues des branches, leurs écailles des écorces, leurs souffles des vents chauds traversant la canopée.

On dit que les grands arbres de Virelia, ceux dont les troncs dépassent cinquante mètres de diamètre, sont les restes de ces dragons endormis — les Veilleurs d’Écorce, dont le cœur bat encore sous la sève.

Quelques dragons demeurent éveillés, rares et solennels, veillant sur les sanctuaires wyveriens et les dernières forêts primordiales. Les sages estiment qu’il n’en reste pas plus d’une dizaine dans tout Elserath.

Lors des nuits sans lune, il arrive qu’un souffle doré parcoure la canopée et qu’un chant résonne, à mi-chemin entre le bruissement des feuilles et le rugissement du vent. Alors, disent les Wyveriens, c’est un dragon Sylvain qui rêve — et la forêt entière rêve avec lui.

💬 Maxime des dragons Sylvains

« Nous sommes le souffle.
Vous êtes ce qu’il fait naître.
N’oubliez jamais lequel des deux vient en premier. »

Les dragons Sylvains ne cherchent ni gloire ni adoration — ils les exigent simplement, comme une évidence naturelle. Ils se disent la vie elle-même, et tout ce qui respire leur doit reconnaissance.

Mais dans cet orgueil immense gît leur plus grande vulnérabilité : ils ont oublié que le souffle, aussi puissant soit-il, n’existe qu’un instant avant de redevenir silence. Et que même les dragons, un jour, doivent apprendre à se taire pour que le monde continue de chanter.


🌋 Les dragons de Cendre — Le feu personnifié

« Le feu reconnaît la force, pas la prière. »
Rokhan Fils-de-la-Cendre, Roi-Forge des Orcs

🔥 Nature et essence

Nés là où la montagne respire au travers de ses cratères, les dragons de Cendre gardent la braise des anciens mondes. Leur souffle n’est pas une flamme vive, mais une poussière incandescente, qui endort le métal et réveille la mémoire des roches.

Ils incarnent le principe du feu pur, celui qui consume pour recréer — destructeur et créateur à la fois, miroir brûlant de Kaelgor, le Primordial du Feu Sourd. Leur essence se résume en deux mots : destruction et renaissance.

On dit qu’ils se posent au bord des caldeiras pour écouter le battement de la terre, et que, lorsqu’ils déploient leurs ailes fuligineuses, la nuit devient rouge sous leurs ombres.

Les Nains les honorent sans les nommer : certaines forges auraient été allumées sous leur regard. Eux seuls, murmurent les Thram-Kael, savent quand une montagne doit s’ouvrir — ou se taire.

🜂 Apparence et morphologie

Les dragons de Cendre sont parmi les plus massifs et redoutés de leur espèce. Leur puissance ne réside pas seulement dans la flamme, mais dans la densité du monde qu’ils portent en eux.

Caractéristique Description
Morphologie Dragons pleinement « européens » — quatre pattes, deux ailes immenses, un cou puissant et une musculature sculptée dans la chaleur.
Taille De trente à soixante mètres de long selon l’âge et la profondeur des foyers volcaniques où ils sommeillent.
Écailles Rouges sombres, cuivrées ou noires incandescentes ; elles se fissurent comme la lave refroidie, laissant filtrer un éclat rouge au moindre mouvement.
Ailes Épaisses et veloutées, chargées de cendres, semblables à un ciel d’orage figé.
Yeux Or brûlant ou braise vivante ; leur regard seul peut ramollir la pierre.
Souffle Feu vivant, plus ancien que les volcans — il ne brûle pas la chair, mais consume la mémoire des choses avant leur matière.
Présence Chaleur étouffante, odeur de cendre et de métal fondu ; les flammes se taisent en leur présence, comme pour écouter.
Voix Grondement lointain, semblable à la respiration d’un four endormi.

Ces dragons ne crachent pas le feu — ils le rappellent. Partout où ils passent, les montagnes se souviennent, et la roche s’éveille.

⚒️ Tempérament, orgueil et crainte

Colériques, orgueilleux et immuables, les dragons de Cendre se considèrent comme les juges du feu : eux seuls savent qui mérite la flamme et qui doit en être consumé. Ils ne souffrent ni la lâcheté ni la faiblesse, et leur mépris pour les mortels fut longtemps absolu.

Leur orgueil est extrême — brûlant, démesuré, inaltérable. Ils se pensent non comme de simples créatures du monde, mais comme les flammes mêmes qui l’ont forgé. Aucun être, pas même les Primordiaux, ne saurait à leurs yeux comprendre la pureté du feu qu’ils incarnent.

Toutes les races les craignent : les Nains pour leur puissance capable d’éteindre une forge d’un seul regard, les Skayans pour la tempête qu’un seul battement d’aile peut disperser, les Hommes pour la chaleur de leur souffle qui efface jusqu’au souvenir des cités, et même les Orcs, pourtant leurs égaux proclamés, les redoutent encore dans une moindre mesure — non par faiblesse, mais par respect pour le feu qui faillit les consumer.

Ils voient les mortels comme des étincelles nées de leur propre flamme, condamnées à s’éteindre dès qu’elles cessent de brûler. Leur présence impose le silence : devant eux, tout être vivant se sait jugé par le feu qu’il porte en lui.

Pour eux, le feu est une vérité sans compromis : il ne ment pas, ne cache rien, ne laisse que l’essence. Ils enseignent que la destruction n’est pas un châtiment, mais une purification nécessaire avant la création.

Et pourtant, dans les cendres de leur fierté brûle une trace de loyauté. Le souvenir de Rokhan Fils-de-la-Cendre les hante encore : preuve que même la flamme la plus orgueilleuse peut reconnaître la lumière d’un autre feu.

⚔️ Légende du Roi-Forge

Jadis, après la Guerre des Trois Soleils, un dragon de Cendre s’abattit sur les steppes d’Ormarr, jugeant les Orcs indignes de fouler une terre qu’il estimait sienne.

Rokhan Fils-de-la-Cendre, roi-forge des Orcs, s’interposa seul. Le combat dura sept jours et sept nuits. Les montagnes tremblèrent, les forges hurlèrent, et lorsque le monstre tomba, Rokhan se figea à son tour — son corps pétrifié par l’usage trop intense de l’Ormah’Dur.

Depuis ce jour, les dragons de Cendre reconnaissent les Orcs comme leurs égaux, et n’ont plus jamais soufflé sur un feu orc. Entre eux naquit un respect immuable : les dragons virent dans les Orcs la fureur et la droiture du monde, et les Orcs virent dans les dragons le miroir de leur propre orgueil.

Ainsi, les dragons de Cendre enseignèrent aux forgerons-rouges l’art de respirer la flamme sans y périr, et les Orcs, en retour, leur rappelèrent la valeur du serment tenu.

« Le feu reconnaît la force, pas la prière. »

Les uns et les autres savent que leur feu est le même — celui qui détruit ou illumine, selon le cœur qui le porte.

🌋 Habitat et mode de vie

Les dragons de Cendre vivent au sein des volcans actifs et des plaines brûlées du Couchant. Leur demeure est un mélange de cavernes basaltiques, de tunnels de lave et de chambres de feu. Certains dorment sous des mers de magma, d’autres se perchent sur les cônes fumants pour contempler le monde qu’ils ont façonné.

Ils ne s’alimentent pas de chair, mais d’énergie thermique et minérale : leur corps respire la chaleur, leur cœur bat au rythme des veines de feu du monde.

Chaque fois qu’un volcan s’éveille, les Nains et les Orcs murmurent qu’un d’eux s’est retourné dans son sommeil. Et lorsque la lave se calme, on dit qu’un dragon de Cendre a pardonné.

🕯️ Statut actuel dans le monde

Depuis la Grande Dissonance, les dragons de Cendre sont demeurés dans les volcans du Couchant. Leur puissance, forgée dans les flammes primordiales, ne craint ni l’Entropie ni la Symphonie de la Fin : aucune dissonance, aucune magie déchue n’a pu altérer leur feu intérieur.

Ils sont devenus les derniers gardiens du feu pur, préservant sous la roche le souvenir du monde avant les fractures.

Mais il paraît que les plus jeunes d’entre eux commencent à changer : leurs souffles se teintent d’éclats inconnus, leurs flammes chantent à l’unisson des failles et des silences du monde. Certains érudits Nains affirment qu’ils absorbent lentement ces forces extérieures — Entropie et Symphonie confondues — pour les plier à leur essence, comme si le feu cherchait à apprendre une nouvelle langue.

Les sages des profondeurs craignent que cette évolution annonce une ère où le feu lui-même ne sera plus seulement mémoire ni destruction, mais Conscience.

Et si cela advenait, nul ne sait si le monde brûlerait — ou renaîtrait une dernière fois dans la lumière.

💬 Maxime des dragons de Cendre

« Tout feu commence par un serment.
Tout serment finit par des cendres. »

Les dragons de Cendre ne prient pas, ne jurent pas : ils déclarent. Chaque parole d’eux est un acte, chaque acte une brûlure, et dans leurs flammes dort la mémoire des mondes passés.

Car le feu qu’ils portent n’est ni châtiment ni bénédiction — mais la vérité du monde, nue et rouge, celle qui détruit tout ce qui ment et éclaire tout ce qui résiste.


⚡ Les dragons d’Éther — Les seigneurs du ciel vivant

« La foudre ne descend jamais seule : elle porte un regard. »
— Proverbe Skayan

🌩️ Nature et essence

Forgés dans la curiosité de Thal et polis par la lumière haute, les dragons d’Éther sont les souverains immémoriaux du firmament. Ils habitent la frontière entre l’éclair et le silence, là où les nuées frémissent comme des bêtes prêtes à naître.

Leur souffle n’est pas une flamme : c’est la foudre à l’état pur, un courant vivant capable de déchirer la matière, de percer la magie, et d’ouvrir dans le chant des fissures lumineuses.

Ils incarnent le principe de domination céleste : non la tempête qui éclate, mais celle qui décide d’éclater. Ils ne se nourrissent ni de chair ni de feu : ils vivent d’électricité atmosphérique, des courants invisibles qui relient les mondes du vent.

Les Skayans disent qu’un dragon d’Éther « parle » sans émettre de son, et que l’orage lui-même n’est que la réponse qu’il se donne.

Pour eux, le ciel n’est pas un domaine, ni un territoire : c’est un trône.

🜁 Apparence et morphologie

Les dragons d’Éther sont des créatures longues, rapides, et impossibles à confondre avec d’autres lignées draconiques. Ils ne volent pas : ils glissent dans la matière du ciel, comme des serpents de lumière.

Caractéristique Description
Morphologie Dragons de type « asiatique » — sinueux, sans ailes, à la silhouette fluide, portés par la lévitation électro-harmonique plutôt que par la gravité.
Taille Entre quatre-vingts et cent mètres du museau à l’extrémité de la queue.
Écailles Argentées, blanches ou bleu pâle, traversées de filaments électriques qui scintillent comme des aurores.
Ailes Absentes ; leur propulsion est purement énergétique.
Yeux Éclats d’orage, iris de lumière liquide, capables de « magnétiser » l’air autour d’eux.
Souffle Foudre originelle — un arc vivant qui pulvérise la matière, disperse les illusions et fait vibrer les résonances du ciel.
Présence Crépitement d’air ionisé, odeur d’ozone, grondement grave sans tonnerre visible.
Voix Résonance électrique ; on ne l’entend pas — on la ressent, comme une vibration qui traverse l’os.

Ces dragons ne crachent pas la foudre : ils la laissent s’échapper, comme si elle n’avait jamais vraiment cessé de vivre en eux.

⚖️ Tempérament, orgueil et crainte

Les dragons d’Éther sont aussi sublimes qu’impitoyables. Ils ne connaissent ni la modestie, ni la patience, ni la prière.

Pour eux, le ciel doit rester parfait, et tout ce qui monte vers lui — tours, chants, orages artificiels, incantations trop ambitieuses — est un acte de défi.

Ils sont lucides, observateurs, implacables. Ils sont dominants, refusant toute tentative mortelle de toucher aux équilibres du firmament. Ils sont prompts à la colère : un simple appel de vent mal accordé peut suffire à éveiller leur attention.

Leur orgueil n’est pas celui du feu : il est celui de l’altitude, de la solitude glacée des cieux que rien ne vient troubler — sauf la folie des mortels.

Les peuples les craignent tous : les Skayans, car suivre un dragon d’Éther signifie affronter la tempête elle-même ; les Hommes, dont les tours d’Altherion furent plusieurs fois frappées par leur simple désaccord ; les Wyveriens, qui les respectent comme les gardiens de la limite sacrée du ciel.

Pour eux, la vie n’est qu’une étincelle qui tente constamment de monter trop haut — et qu’il faut parfois ramener au sol.

⚡ La légende du Juge du Ciel

À la fin de l’Éclipse des Voix, quand les Aelran brisèrent le chant par orgueil, un orage se forma si vaste qu’il dévora trois horizons.

Les nuées s’ouvrirent comme un rideau déchiré par la lumière, et en descendit un dragon d’Éther blanc, immense, aveuglant, entouré d’éclairs si denses que le ciel hurlait autour de lui.

Il ne vint pas pour écouter, mais pour réprimander.

Sa voix fit vibrer les mers :

« Vous avez osé chanter à la place des étoiles,
et plier la lumière sous vos voix.
Écoutez — et craignez, car nous veillons encore.
Si jamais le monde tente de se refaire lui-même,
alors nous reviendrons. »

Alors il remonta vers le ciel, lent et froid, et la foudre se retira avec lui.

Le monde demeura dans une nuit sans pluie pendant trois jours.

Depuis, les peuples le nomment le Juge du Ciel, et disent que lorsque les éclairs grondent sans pluie, c’est qu’il observe encore le monde, prêt à rappeler la limite du chant aux mortels qui la dépassent.

🌫️ Habitat et mode de vie

Les dragons d’Éther ne vivent presque jamais sous les nuages.

Le royaume est : la haute atmosphère, les couronnes d’orage, les zones où naissent les éclairs, les courants invisibles qui relient les vents.

Ils dorment parfois au cœur des tempêtes, là où l’air se plie sur lui-même et où les charges se brisent comme des vagues de lumière. Ils ne se reposent pas dans des cavernes, mais dans des spirales de vent glacé, des nids d’ionisation que personne d’autre qu’eux ne peut percevoir.

Ils ne chassent pas : ils absorbent l’énergie du ciel, la respirent, la filtrent, et la restituent sous forme de lumière ou de foudre.

🕯️ Statut actuel dans le monde

Depuis la Grande Dissonance, les dragons d’Éther sont devenus plus distants encore. Ils surveillent depuis les hauteurs l’évolution des failles du monde.

Ni l’Entropie ni la Symphonie de la Fin n’ont réussi à altérer leur essence : la foudre demeure un langage que même les dissonances ne peuvent corrompre.

Pourtant, certains Skayans prétendent qu’ils deviennent plus nombreux dans les tempêtes, comme si une ombre grandissante les inquiétait dans le silence.

D’autres pensent qu’ils guettent le retour d’un pouvoir trop ambitieux — celui qui oserait de nouveau chanter à la place des étoiles.

⚡ Maxime des dragons d’Éther

« Le ciel ne prévient jamais : il juge. »

Les dragons d’Éther ne promettent rien. Ils constatent. Ils ne négocient pas : ils rappellent simplement au monde où se trouve la limite de sa lumière.

Pour eux, la foudre est une vérité : brève, fulgurante, inévitable. Et nul mortel n’échappe à l’éclair qu’il a provoqué.


🌊 Les dragons Abyssaux — Les seigneurs du silence englouti

« Là où nous passons, le monde oublie jusqu’à son nom. »
— Parole abyssale, traduite par les Oracles de Lysséa

🜄 Nature et essence

Nés du silence de Thal et Kaelgor, descendu un jour jusque dans les tranchées où même la lumière hésite, les dragons Abyssaux sont les maîtres silencieux des profondeurs que nul mortel ne voit sans se perdre.

Ils vivent là où la mer devient mémoire condensée, où chaque courant transporte des souvenirs anciens, et où les ombres portent encore les traces des mondes engloutis.

Leur souffle n’est pas de flammes : c’est une lueur froide, une onde qui révèle plutôt qu’elle ne détruit, et qui dessine sur la peau de l’eau les strates du temps oublié.

Ils incarnent le principe de Silence et d’Oubli, non comme une absence, mais comme une force : la mer qui efface pour préserver, la nuit qui protège ce que la lumière trahirait.

Les Lireathi affirment qu’un seul regard d’eux peut rappeler un nom effacé par les siècles. Certains Oracles, lorsqu’ils plongent dans les eaux profondes, entendent leur voix comme une berceuse lourde, faite pour bercer les souvenirs trop lourds pour la surface.

🜁 Apparence et morphologie

Les dragons Abyssaux sont les plus étranges, les plus anciens peut-être, et certainement les plus vastes de toutes les lignées draconiques.

Ils ne nagent pas : ils glissent dans l’obscurité liquide, comme des rêves que l’océan refuse de laisser mourir.

Caractéristique Description
Morphologie Dragons mi « asiatiques », mi calmar géant — longs corps serpentins, multiples pattes et tentacules membraneux qui leur servent à la fois d’ailerons et de capteurs sensoriels.
Taille Les plus immenses de leur espèce — jusqu’à deux cents mètres pour les anciens.
Écailles Gris abyssal, reflets violets ou bleu nuit, parcourues de veines lumineuses qui pulsent avec le rythme des marées profondes.
Ailes Absentes ; leur propulsion est ondulatoire, comme s’ils se fondaient dans la mer elle-même.
Yeux Vastes, pâles, sans pupille — miroirs du fond où dorment les souvenirs noyés.
Souffle Onde de néant, une pulsation froide qui éteint lumière, son, chaleur, et parfois la mémoire de ce qu’elle touche.
Présence Lourde, glaciale ; l’eau se densifie autour d’eux, et la mer se tait comme un temple.
Voix Impossible à entendre — elle se ressent comme une pression dans la poitrine, ou un rêve que l’on oublie aussitôt.

Ils ne bougent pas l’eau : l’eau se déplace pour eux, par respect ou par crainte.

🌑 Tempérament, orgueil et crainte

Les dragons Abyssaux ne sont ni colériques ni dominateurs. Ils sont lents, immenses, impénétrables, animés par une sagesse lourde comme la mer elle-même.

Ils ne jugent pas : ils constatent, et effacent ce qui ne doit pas remonter.

Leur orgueil n’est pas celui de la puissance, ni de la hauteur : il est celui du silence, de la conviction que rien n’est plus vrai que ce qui reste non dit.

Ils se considèrent comme : les maîtres de l’oubli, les gardiens des frontières de la mort, les seuls capables de parler au néant sans être dévorés par lui.

Les peuples les craignent : les Lireathi, qui les respectent comme les gardiens secrets des noms perdus ;
les Hommes, qui redoutent ce souffle capable d’arracher la mémoire d’une cité ;
les Skayans, qui évitent de regarder les abysses lors de leurs vols, de peur qu’un regard abyssal ne réponde.

Ils ne haïssent pas, mais ils effacent. Car pour eux, toute chose qui plonge trop profond mérite d’y rester.

🌌 Le mystère des tranchées éternelles

Ils habitent les zones les plus profondes : failles océanes, failles de pression absolue, tranchées où le monde se replie sur lui-même, cavernes sous-marines où l’eau est plus ancienne que la lumière.

Là, ils veillent sur les souvenirs engloutis, les noms perdus, et les échos de civilisations disparues.

Ils ne dorment jamais vraiment : ils dérivent, enveloppés d’un silence si dense que même les courants se font prudents.

🌫️ Habitat et mode de vie

Les dragons Abyssaux vivent dans les profondeurs si anciennes que même les Lireathi en ignorent les contours exacts.

Ils résident dans :

  • les Tranchées Éternelles, là où la mer se plisse comme une cicatrice du monde ;
  • les Cathédrales de Pression, grottes de basalte pétrifié où l’eau devient presque solide ;
  • les Puits de Mémoire, abysses où dérivent les souvenirs noyés depuis la fracture du ciel ;
  • les replis de Lysséa, zones où le courant tourne en boucle comme une pensée obstinée.

Ils ne bâtissent pas : c’est la mer elle-même qui sculpte pour eux les palais de silence.

Cycle de vie et comportement

Les Abyssaux ne connaissent pas l’enfance comme les dragons terrestres. Ils naissent déjà vastes, formés d’un fragment de mémoire océanique qui se condense en une forme vivante lorsque le chant des profondeurs rencontre une faille oubliée du monde.

Ils ne se nourrissent pas de chair, mais de poids :
poids des souvenirs,
poids des secrets,
poids des choses que les vivants voudraient voir disparaître.

Ils traversent les abysses en de longues dérives, se laissant porter par les marées anciennes. Parfois, ils remontent dans des zones plus claires pour observer un navire ou une créature — non par faim, mais par curiosité immobile, comme s’ils cherchaient à vérifier si la surface se souvient encore d’eux.

Relations avec les autres dragons

Les dragons de Cendre les respectent,
les dragons Sylvains les observent avec une prudence ancienne,
les dragons d’Éther les craignent, car nul n’ignore que l’abysse peut avaler même la lumière.

Ces dragons ne cherchent aucune alliance : ils détiennent leur propre loi, celle du silence préservé.

🜄 Statut actuel dans le monde

Depuis la Grande Dissonance, les dragons Abyssaux ne sont plus seulement les veilleurs des profondeurs.

Quelque chose dans les tranchées — un écho brisé, un souvenir trop lourd, ou peut-être une dissonance ancienne que même les Convergents n’avaient jamais perçue — s’est mis à vibrer différemment.

Les Oracles de Lysséa affirment que :

leurs silhouettes sont plus nombreuses,
leurs veines-lumières pulsent plus vite,
leurs dérives se rapprochent lentement des rivages,
leurs souffles se font plus lourds, comme s’ils pressentaient un déséquilibre qui ne vient ni des mortels ni des continents, mais du fond lui-même.

Pourtant, rien n’a altéré leur nature : ni les magies les plus puissantes, ni l’Entropie, ni même les résonances instables laissées par les Arches rompues.

Leur silence demeure intact — et c’est peut-être cela qui inquiète les peuples.

Les Lireathi se préparent, les Arcanistes observent les courbes des marées, les Skayans écoutent les vibrations du ciel au-dessus des abysses, car tous savent que :

« Quand les Abyssaux remontent, ce n’est jamais par colère.
C’est parce qu’une mémoire que le monde n’aurait jamais dû retrouver commence à remonter avec eux. »

🌊 Maxime des dragons Abyssaux

« Ce qui doit disparaître reste avec nous. »

Ils ne menacent pas. Ils constatent, et dans leur silence se trouve la frontière entre ce que le monde doit porter et ce qu’il doit laisser couler.

Pour eux, l’oubli n’est ni perte ni punition : c’est une poursuite du chant, sous une autre forme. Et nul mortel ne sait ce qu’ils gardent encore dans leurs profondeurs sans fin.


⚙️ Dragons et peuples

Les Hommes furent les premiers à vouloir comprendre les dragons. Certains les vénéraient comme des dieux, d’autres cherchaient à reproduire leur souffle par l’artifice. Les Mages d’Altherion bâtirent même des tours de verre où brûlait un feu d’éther qu’ils appelaient Souffle Draconique — copie imparfaite d’une vérité vivante.

Les Skayans les respectaient comme des frères d’orage, et dans leurs légendes, le premier éclair fut un cri de dragon. Les Lireathi, eux, chantaient leur reflet dans les flots, et affirmaient que leurs ailes écartaient la mer chaque fois qu’un ouragan naissait.

Les Orcs d’Ormarr racontent qu’un dragon leur enseigna à frapper le fer jusqu’à ce qu’il chante, et que son souffle fut le premier feu de guerre du monde.

Quant aux Aelran, ils voient dans les dragons le souvenir vivant du premier orgueil, et la preuve que même la beauté la plus pure peut naître d’une faute divine.