✦ Lexique raisonné de l’Élynar
Le lexique de l’Élynar ne peut pas être traité comme une simple table de correspondances entre deux langues.
Une entrée telle que :
nar = de
serait grammaticalement trompeuse.
Une entrée telle que :
sërnar = grande tristesse
serait sémantiquement fausse.
Et traduire :
Valrûn = destruction
sans préciser que le terme constitue un Absolu lexical ferait perdre l’une de ses propriétés les plus importantes.
Le présent chapitre rassemble donc le vocabulaire actuellement établi de l’Élynar en conservant, autant que possible, les distinctions conceptuelles que les sept chapitres précédents ont permis de définir.
Pour chaque terme, on distinguera lorsque cela est nécessaire :
le sens courant ;
le sens profond ou historique ;
la catégorie grammaticale ;
les formes dérivées ;
les restrictions d’usage ;
les différences avec les mots français qui pourraient sembler équivalents.
Ce lexique ne prétend pas que chaque racine possède déjà toutes les dérivations théoriquement possibles.
Une forme n’est considérée comme établie que lorsqu’elle a été définie.
L’Élynar reste une langue vivante : une racine productive pourra recevoir de nouvelles formes au fur et à mesure que le vocabulaire s’étendra.
Les Racines premières, les fossiles et les Absolus obéissent cependant à des restrictions particulières qui doivent toujours être respectées.
I — Les Racines premières
Les Racines premières occupent une catégorie distincte du vocabulaire ordinaire.
Lorsqu’elles sont prononcées seules, elles portent à la fois :
le nom du Primordial ;
le principe primordial correspondant.
Elles ne sont donc pas librement manipulables comme des racines modernes.
Elyon
CatégorieRacine première.
SensDon.
Elyon représente le Don dans son principe primordial : ce qui est accordé, transmis ou rendu possible par une volonté qui donne.
Il ne doit pas être employé pour toute transmission quotidienne.
Famille ordinaire- elya — permission, possibilité accordée ;
- elyen — donner, accorder volontairement ;
- elyel — recevoir ce qui est accordé ;
- elyath — don concret ;
- elyar — celui qui donne.
Nareth
CatégorieRacine première.
SensLien.
Nareth désigne le principe par lequel des êtres, des choses ou des concepts tiennent les uns avec les autres.
Cette Racine a profondément marqué la grammaire de l’Élynar.
Famille et descendants- nar — lien constitutif ;
- nara — relation ou lien ordinaire ;
- naraen — lier, mettre en relation ;
- narael — être lié ;
- narais — lié, connecté ;
- naraath — nœud, point de connexion ;
- narei — réseau, communauté structurée par ses relations ;
- nae — accompli dont les conséquences demeurent ;
- naren — devoir en raison d’un engagement ou d’un lien ;
- naer — confiance ;
- naerel — faire confiance ;
- naeris — digne de confiance.
Nareth ↔ Soth
Lien ↔ Déliaison
Kaelgor
CatégorieRacine première.
SensForge ; mise en forme de la matière.
Kaelgor ne doit pas être réduit au lieu matériel appelé forge.
Il désigne le principe par lequel la matière reçoit une forme, une organisation ou une configuration nouvelle.
Il entretient un rapport historique avec les anciennes conceptions de la matière et du Feu, mais ne doit pas être confondu avec Kaelrun.
∅
Notation savante. Ce symbole n’est pas prononçable.
Sens historiqueRacine première perdue de la Mémoire.
La forme ancienne a été effacée à la suite de l’Éclipse des Voix et du sacrifice de la Primordiale associée à la Mémoire.
Il ne s’agit pas d’un mot oublié que l’on pourrait reconstruire.
L’Élynar moderne connaît la place, mais pas le son qui occupait cette place.Survivances principales
- Lir'Nym ;
- Liréathi ;
- le fossile improductif lir-.
Le vocabulaire moderne de la mémoire s’est reconstruit en familles séparées :
sova ;
taer ;
nema.
Thal
CatégorieRacine première.
SensMouvement.
Thal exprime le principe du mouvement et du passage.
Descendants importants- thal — aspect continu ;
- thala — déplacement ;
- thalaen — se déplacer, aller ;
- thalen — marcher ;
- tharel — poursuivre sa route, demeurer en mouvement ;
- thalath — passage, trace d’un mouvement ;
- tharei — venir vers le point de référence ;
- thava — partir, s’éloigner ;
- thalda — arriver, atteindre une destination ;
- thalor — chant ;
- thara — changement d’état, transition d’une condition vers une autre ;
- tharael — devenir, passer dans un nouvel état ;
- tharaen — rendre, faire devenir, provoquer le passage vers un nouvel état.
La relation historique entre Thal et thalor reflète une conception ancienne du Chant comme souffle mis en mouvement selon une structure.
Une autre branche ancienne a produit thara. Le mouvement n’y est plus spatial : il désigne le passage d’une condition vers une autre.
thara est un descendant secondaire ancien de Thal.
Employer thara, tharael ou tharaen n’équivaut pas à prononcer la Racine première Thal isolément.
Oris
CatégorieRacine première.
SensÂge ; Temps.
Oris désigne le Temps comme continuité des âges.
Famille- ori — passé ;
- orin — avant ;
- orel — après ;
- ora — quand, au moment où ;
- orath — pendant, tandis que ;
- orae — durée ;
- oraen — durer ;
- orael — attendre ;
- orais — ancien par sa durée ;
- oren — maintenant ;
- orenath — aujourd’hui ;
- orinath — hier ;
- orelath — demain.
Vael
CatégorieRacine première.
SensOmbre.
Vael ne désigne pas uniquement une zone privée de lumière.
Le principe comprend également :
ce qui demeure caché ;
ce qui échappe au regard ;
ce qui se tient hors de ce qui est exposé.
Vael n’est pas intrinsèquement mauvais.Famille ordinaire
- vaeli — ombre physique ;
- vaelien — ombrager, cacher par l’ombre ;
- vaeliel — être caché dans l’ombre ;
- vaelis — sombre, ombragé ;
- vaelath — silhouette, forme produite par l’ombre.
Une branche ancienne et affaiblie est liée au sommeil :
vaen — sommeil ;
vanel — dormir ;
vaenis — endormi.
Elyndra
CatégorieRacine première.
SensVie ; croissance ; chair vivante ; compassion liée au vivant.
Elyndra a produit plusieurs familles secondaires spécialisées.
Vie individuelle
elyna — vie individuelle ;
elynel — être vivant, rester en vie ;
elynis — vivant ;
elynath — être vivant concret.
Croissance
lyna — croissance naturelle ;
lynaen — grandir, croître ;
lynais — en croissance ;
lynath — pousse ou manifestation concrète de croissance.
Chair et corps
endra — chair ou tissu vivant ;
endar — corps comme ensemble physique.
Fatigue
Une branche beaucoup plus éloignée a produit :
drena — fatigue corporelle ;
drenel — être fatigué ;
drenis — fatigué.
II — Les Quatre Absolus
Les quatre termes suivants constituent des Absolus lexicaux.
Ils ne peuvent être :
intensifiés ;
atténués ;
comparés ;
approximés ;
librement dérivés.
Un phénomène correspond au concept ou n’y correspond pas.
Il est donc impossible de dire :
très Valrûn ;
presque Aelarion ;
plus Ysildren ;
un peu Nêhalor.
Valrûn
SensDestruction souveraine ; fin complète d’un état permettant qu’un autre commencement advienne.
Valrûn ne signifie pas simplement :
dégâts gigantesques.
Un état doit être suffisamment brisé pour ne plus pouvoir constituer la simple continuité de ce qui existait auparavant.
Restrictions✗ vel Valrûn
✗ lirë Valrûn
✗ rae Valrûn na…
Aelarion
SensTranscendance.
Franchissement d’une limite qui était jusque-là constitutive de l’être ou de la condition concernés.
Il ne s’agit pas simplement :
d’amélioration ;
de progression ;
de victoire ;
de dépassement quantitatif.
Après Aelarion, l’ancienne limite ne suffit plus à définir ce qui a transcendé.
Ysildren
SensCroissance souveraine, prolifération et retour persistant du vivant.
Ne pas confondre avecElyndra — Vie.
Elyndra désigne le principe de Vie.
Ysildren désigne la croissance absolue et le retour irrépressible du vivant.
Nêhalor
SensOubli souverain.
Quelque chose cesse d’être retenu par la mémoire du monde.
Ne pas confondre avecnema — oubli ordinaire.
Perdre le souvenir d’un nom est nema.
Nêhalor appartient à un ordre beaucoup plus profond.
III — Concepts fondamentaux et racines lourdes
Aer
Parole.
Concept ancien lié au langage prononcé.
aera — parole ordinaire, mots prononcés ;
aeren — parler ;
aeraath — énoncé, parole produite.
Aevora
Souffle.
Dans certains composés, le terme porte une valeur plus ancienne et profonde que le simple acte respiratoire.
aev — souffle respiratoire ;
aeven — souffler, expirer volontairement ;
aevel — respirer ;
aevis — respiratoire ;
aevath — expiration, souffle produit.
Asha
Espoir.
Mot ancien associé symboliquement à ce qui demeura après le sacrifice de la Primordiale de la Mémoire.
ashaen — espérer ;
ashais — porteur d’espoir, empreint d’espoir.
Asha n’est ni une connaissance ni une croyance.
On peut espérer ce que l’on considère improbable.
Dar
Nom ; identité véritable portée par le nom.
La relation employée avec Dar peut modifier profondément son sens.
Dar ne signifie donc pas nécessairement « nom magique secret ».
Dur
Souffle puissant ; pulsation vitale.
Apparaît notamment dans :
Le terme est également historiquement lié à : durën, cœur.
En
Art ; maîtrise ; pratique consciente.
Apparaît surtout dans des composés :
Nareth'En — l’Art du Lien ;
Thalyr'En — l’Art de la Vibration.
Ghor
Faim qui ne cherche pas la satiété.
Impulsion à absorber, dévorer ou prendre, indépendante du besoin réel et qui ne disparaît pas lorsque ce besoin est satisfait.
Ne pas confondre avec :
mae — faim biologique.
Kaelrun
Feu.
Mot extrêmement ancien.
Kaelrun existait avant kael et run.
L’évolution est :
Kaelrun → kael + run
et non :
kael + run → Kaelrun.
kael
Matière solide ; pierre ; ce qui reçoit ou conserve une forme.
Issu historiquement de la fragmentation conceptuelle de Kaelrun.
kaelen — façonner une matière solide.
run
Chaleur active ; énergie thermique ; ce qui chauffe.
Issu historiquement de la fragmentation de Kaelrun.
runen — chauffer ;
runel — être chaud ;
runis — chaud ;
runath — chaleur produite, foyer ou manifestation thermique.
Une branche métaphorique a donné : runa, colère.
Kaen
Voix.
Khar
Faucher en interrompant brutalement une trajectoire par une coupe.
Le concept n’est pas intrinsèquement agricole.
Il s’applique à ce qui :
avançait ;
circulait ;
suivait une direction
et se trouve soudainement sectionné.
Morduun
Matière granulaire constituée de fragments solides mais se comportant collectivement comme un flux.
sable ;
cendre ;
grain ;
certaines poussières.
Myr
Rêve.
La traduction est ancienne et probablement non littérale.
Nym
Marée ; flux marin cyclique.
Ormah
Concept ancien associé au rouge et au sang.
orm — sang ;
ormis — sanguin, relatif au sang ;
ormel — saigner ;
ormen — faire saigner.
Sael
Empreinte intérieure ; reflet spirituel ou essentiel de ce qu’une chose est.
Sael ne signifie pas simplement :
âme.
Un être vivant peut posséder ou laisser un Sael, mais un lieu, une rivière, une montagne ou un monde peuvent également en avoir un.
Le Sael exprime ce que quelque chose est intérieurement plutôt que sa seule apparence.
Relations
Sael na X — empreinte associée à X.
Sael nar X — empreinte essentielle constitutive de X.
Composés
Sael'Daryn
Myr'Sael
Salutation
Seryn
Sens lexical ancien : Astre.
Le mot est également devenu un prénom dans la tradition skayane.
Soth
Déliaison fondamentale.
Soth désigne le processus par lequel sont défaites les relations permettant à une chose de demeurer ce qu’elle est.
Il ne signifie pas simplement :
destruction.
Une chose peut continuer d’exister après Soth tout en ayant perdu une partie des liens qui assuraient sa cohérence.
Nareth ↔ Soth
Lien ↔ Déliaison
Tael
Compas ; direction ; mesure.
Thalan
Orage.
Thalor
Chant.
Historiquement lié à Thal, le Mouvement.
Le Chant semble avoir été conçu comme un souffle organisé mis en mouvement.
Ne pas confondre le nom thalor avec la particule aspectuelle thal.
Thar
Sourd ; contenu ; étouffé.
Thraek
Refus de reconnaître comme légitime une autorité, une limite ou une loi extérieure prétendant avoir pouvoir sur soi.
Ne pas confondre avec :
eld — refus de céder.
Thraek dit :
« Je ne reconnais pas ton droit à m’imposer cela. »
Eld dit plutôt :
« Je ne céderai pas. »
Thurën
Porter ou soutenir durablement une charge afin que quelque chose d’autre puisse tenir.
Plus profond que le simple transport.
Peut s’appliquer à :
une structure ;
une responsabilité ;
une famille ;
une charge politique ;
un poids moral.
Apparaît historiquement dans :
Thurën'Kael → Thurn-Kael
IV — Pronoms
ra
Je ; moi.
Invariable.
sei
Tu ; toi.
eir
Il ; elle ; lui ; elle ; cela.
Aucune distinction grammaticale de genre.
Peut reprendre également un objet, un animal ou un concept si le contexte est clair.
ael
Nous inclusif.
Le locuteur et l’interlocuteur appartiennent au groupe.
rael
Nous exclusif.
Le locuteur et d’autres personnes, mais pas l’interlocuteur.
vae
Vous.
Deuxième personne plurielle.
Aucun vouvoiement honorifique particulier n’est actuellement défini.
eiryn
Ils ; elles ; eux.
Forme pronominale plurielle établie.
Elle ne doit pas être traitée comme une construction libre de eir + yn.
V — Déterminants, nombre et deixis
il
Déterminant défini :
le ; la ; les.
Invariable en genre et en nombre.
ei
Déterminant indéfini :
un ; une ; des.
Invariable.
yn
Marqueur explicite de pluriel.
Se place avant le nom.
Est normalement omis :
après un nombre ;
après un quantificateur dont la pluralité est déjà évidente.
tha
Démonstratif proximal : ce ; cette ; ces.
Ne signifie jamais « être ». Cette ancienne analyse est abandonnée.
Pronom démonstratif
thael
Démonstratif distal : ce…-là ; cette…-là ; ces…-là.
ha
Ici.
hael
Là.
haen
Ailleurs.
VI — Relations et prépositions
na
Sens fondamentalLien contingent.
Selon le contexte :
de ;
appartenant à ;
associé à ;
provenant de ;
depuis ;
terme de comparaison.
La relation peut disparaître sans nécessairement modifier l’identité profonde des éléments concernés.
na ne signifie pas « faible ».
Un lien na peut être profond, ancien et intensément affectif.
nar
Sens fondamentalLien constitutif.
Le lien participe de l’identité de ce dont on parle.
Sa rupture :
transforme ;
blesse ;
redéfinit ;
altère.
Nar n’implique pas :
amour ;
romance ;
réciprocité ;
positivité ;
intensité.
Un ennemi, une cicatrice ou une malédiction peuvent être nar.
el
Vers ; à destination de ; à.
Sert :
pour la direction ;
pour le destinataire.
ir
Dans ; au sein de ; à.
Localisation générale.
sa
Avec.
Accompagnement ou moyen selon le contexte.
nor
Sans.
VII — Temps et aspect
ori
Passé.
Dérivé d’Oris.
sha
Futur.
Le futur exprime une intention ou anticipation sincère, non une prophétie.
ya
Aspect inchoatif : commencement.
thal
Aspect continu.
être en train de.
Historiquement lié à Thal, le Mouvement.
da
Accompli clos.
L’action est accomplie et présentée comme terminée.
nae
Accompli dont les conséquences demeurent.
L’événement est terminé comme action mais reste lié à ce qui suit.
Historiquement lié à Nareth.
nai
Négation.
Se place immédiatement avant le verbe lexical après temps et aspect.
Peut également contribuer à exprimer :
aucun / nul
devant un nom.
VIII — Copule et états
aes
Être ; exister.
Au présent attributif, la copule est normalement omise.
Aes réapparaît lorsque le temps doit porter sur la copule :
Lorsque l’existence elle-même est le prédicat :
IX — Modalité, connaissance et intention
saer
Vouloir ; désirer intentionnellement.
kae
Pouvoir par capacité.
Ne signifie pas automatiquement : être autorisé.
elya
Être autorisé ; avoir reçu permission.
Issu de la famille d’Elyon.
dor
Devoir par nécessité ou circonstance.
Les circonstances rendent l’action nécessaire.
Ne pas confondre avec naren.
naren
Devoir par engagement, responsabilité ou lien reconnu.
sai
Savoir ; tenir comme connu.
Dans l’Élynar, sai engage réellement le locuteur quant au degré de certitude qu’il affirme.
Une personne peut se tromper malgré tout.
myrën
Croire ; tenir comme probable ou vrai sans certitude complète.
shaï
Peut-être ; possibilité.
Myrën : position mentale du locuteur.
Shaï : possibilité envisagée.
vaer
Craindre ; redouter.
Voir également la famille vaera.
ashaen
Espérer.
Voir Asha.
X — Impératif et réponse
lae
Marque de requête.
Transforme un ordre direct en demande.
aei
Oui.
nei
Non.
Ne pas confondre avec nai, négation interne à la phrase.
XI — Coordination et subordination
ae
Et.
va
Mais ; cependant.
vei
Ou.
Aucune opposition canonique entre « ou inclusif » et « ou exclusif » n’est actuellement fixée.
ke
Que ; qui.
Introducteur général :
de subordonnée ;
de proposition relative.
esh
Parce que.
Introduit la cause.
tae
Donc ; ainsi ; par conséquent.
Introduit la conséquence.
shael
Si.
Condition.
XII — Interrogation
ma
Particule interrogative fermée.
Se place généralement à la fin.
Peut être omise dans la langue familière si l’intonation suffit.
mei
Qui ?
Reste normalement à la place qu’occuperait la réponse.
mai
Quoi ?
mer
Où ?
mor
Quand ?
mya
Pourquoi ?
mel
Comment ?
men
Combien ?
meyn
Lequel ? Laquelle ?
Aucune variation de genre.
XIII — Temps lexical
orin
Avant.
orel
Après.
ora
Quand ; au moment où.
orath
Pendant ; tandis que.
Forme ancienne grammaticalisée.
orae
Durée.
oraen
Durer.
orael
Attendre.
orais
Ancien par la durée.
Ne signifie pas nécessairement :
vieux physiquement ;
décrépit ;
abîmé.
oren
Maintenant.
orenath
Aujourd’hui.
orinath
Hier.
orelath
Demain.
XIV — Mouvement et changement d’état
thala
Déplacement.
thalaen
Se déplacer ; aller.
thalen
Marcher.
tharel
Continuer son chemin ; demeurer en mouvement.
thalath
Passage ; trace d’un mouvement.
tharei
Venir vers le point de référence.
thava
Partir ; s’éloigner du point de référence.
thalda
Arriver ; atteindre une destination.
Forme lexicalisée ancienne.
Changement d’état
Une branche secondaire ancienne de Thal applique l’idée de mouvement non plus à l’espace, mais au passage d’une condition vers une autre.
thara
Changement d’état ; transition d’une condition vers une autre.
Thara est un descendant secondaire ancien de Thal.
Il ne décrit pas un déplacement spatial, mais le mouvement conceptuel qui conduit quelque chose d’un état à un autre.
Thal — mouvement comme principe.
thara — mouvement entre deux états.
tharael
Devenir ; passer ou entrer dans un nouvel état.
Le sujet lui-même effectue la transition.
Le terme de comparaison peut rester implicite lorsque le contexte permet naturellement de comprendre :
meilleur qu’auparavant.
tharaen
Rendre ; faire devenir ; provoquer chez quelque chose le passage vers un nouvel état.
Constructiontharaen + objet + état ou qualité résultante
Dans ce dernier exemple, ael inclut l’interlocuteur.
Si l’interlocuteur n’appartient pas au groupe désigné par « nous » :
XV — Quantité, intensité et comparaison
vel
Très ; fortement.
Intensificateur ordinaire.
Interdit avec les Quatre Absolus.
lin
Peu ; faiblement ; moins.
Peut servir :
d’atténuateur ;
de quantificateur ;
dans la comparaison.
sor
Trop ; excessivement.
ren
Assez ; suffisamment.
Exprime l’atteinte d’un seuil nécessaire.
aen
Pleinement ; complètement dans la réalisation d’un concept.
Ne transforme pas un concept ordinaire en Absolu.
Incompatible avec les Quatre Absolus.
rae
Plus… que.
Lorsque le terme de comparaison est évident dans le contexte, il peut rester implicite.
sel
Aussi… que.
sela
Comme ; à la manière de.
Ne pas confondre avec sel, égalité comparative.
reth
Le plus…
Superlatif relatif.
Interdit avec les Absolus.
mara
Beaucoup.
Quantité.
sënai
Quelques.
A remplacé toute ancienne proposition utilisant lir, car lir- est réservé au fossile mémoriel.
mar
Plusieurs.
ën
Tout ; tous comme totalité.
eirë
Chaque ; chacun pris individuellement.
ën — ensemble complet ;
eirë — membres pris un à un.
len
Seulement.
La position détermine la portée de la restriction.
sen
Même au sens inclusif ; y compris.
Sert à inclure un élément que l’on aurait pu considérer comme extérieur à l’énoncé ou particulièrement remarquable.
même lui ;
même cela ;
y compris lui.
sen ne signifie jamais « le même » au sens d’identique.
lirë
Presque ; faillir.
Interdit avec :
Valrûn ;
Aelarion ;
Ysildren ;
Nêhalor.
XVI — Corps et vivant
endar
Corps comme ensemble physique.
endra
Chair ou tissu vivant.
Ne désigne normalement pas la chair morte.
drena
Fatigue corporelle.
drenel — être fatigué ;
drenis — fatigué.
durën
Cœur.
Historiquement lié à Dur, la pulsation vitale.
orm
Sang.
ormis — sanguin, relatif au sang ;
ormel — saigner ;
ormen — faire saigner.
thel
Main.
Une parenté historique avec Thal est possible, mais n’est pas suffisamment établie pour être considérée comme canonique.
sair
Œil.
harin
Oreille.
XVII — Respiration
aev
Souffle respiratoire.
aeven
Souffler ; expirer volontairement.
aevel
Respirer.
aevis
Respiratoire.
aevath
Expiration ; souffle produit.
XVIII — Perception
sae
Perception visuelle ; vue.
saeel
Voir.
Perception visuelle non nécessairement volontaire.
saeen
Regarder.
Action volontaire d’orienter la perception visuelle.
saear
Observateur.
saeis
Visible ; visuel.
saeath
Image ; chose perçue visuellement.
hara
Perception auditive.
harael
Entendre.
haraen
Écouter.
Action volontaire.
XIX — Parole, pensée, mémoire et erreur
aera
Parole ordinaire ; mots prononcés.
aeren
Parler.
aeraath
Énoncé ; parole effectivement produite.
daren
Dire ; énoncer.
Une possible parenté ancienne avec Dar a été envisagée, mais elle n’est pas suffisamment établie pour être considérée comme canonique.
sova
Souvenir personnel.
sovaen
Se souvenir.
sovath
Souvenir précis ; réminiscence.
taer
Conserver une information ; garder une trace.
taeren
Consigner ; conserver pour éviter la perte.
taerath
Archive ; trace conservée.
taeror
Lieu d’archives.
nema
Oubli ordinaire ; défaillance du souvenir.
nemaen
Oublier.
nemais
Oublié, au sens banal.
Ne pas confondre avec Nêhalor.
vara
Erreur sincère ; compréhension erronée du réel.
L’erreur est parfaitement compatible avec l’Élynar.
varael
Se tromper ; être dans l’erreur.
varael ne signifie jamais « mentir ».
L’Élynar ne possède aucun mot natif correspondant à cette notion.
XX — La lacune du mensonge
Cette section est volontairement présente dans le lexique alors qu’elle ne contient aucune entrée élynar.
Il n’existe aucun terme natif signifiant :
mentir ;
mensonge ;
menteur.
Cette absence est canonique.
Le phénomène n’a jamais eu besoin d’être lexicalisé dans une langue où il est impossible de produire volontairement une affirmation que l’on sait fausse.
Pour parler du mensonge réalisé dans une autre langue, un locuteur élynar doit :
utiliser une périphrase ;
ou éventuellement employer un emprunt étranger.
Une périphrase conceptuelle pourrait correspondre à :
dire comme vrai ce que l’on sait ne pas être.
Il ne s’agit cependant pas d’un mot lexicalisé.
Aucune nouvelle racine élynar native ne doit être créée pour « mensonge ».
XXI — Besoins élémentaires
syl
Eau.
Son étymologie ancienne reste obscure.
Elle peut appartenir à une partie du vocabulaire de l’eau restructurée après la disparition de la Racine mémorielle, mais cela n’est pas suffisamment établi pour aller plus loin.
sylen
Boire.
Initialement lié à l’eau, mais s’emploie aujourd’hui pour boire n’importe quel liquide.
maer
Nourriture ; alimentation.
maeren
Manger.
maerel
Être nourri ; être rassasié.
maeris
Nutritif.
maerath
Repas.
mae
Faim biologique.
Ne pas confondre avec ghor.
mael
Avoir faim ; être affamé.
L’Élynar n’emploie pas de verbe général « avoir ».
XXII — Sommeil et rêve
vaen
Sommeil.
Ancienne branche affaiblie de la famille de Vael.
vanel
Dormir.
vaenis
Endormi.
Myr
Rêve.
Voir également Myr'Sael.
XXIII — Douleur
sarn
Douleur.
sarnel
Souffrir ; avoir mal.
sarnis
Douloureux.
sarnath
Manifestation concrète de douleur ; blessure douloureuse.
Ne remplace pas nécessairement un futur terme générique pour « blessure ».
Une blessure indolore ou considérée uniquement comme lésion pourrait exiger un autre mot.
XXIV — Donner, recevoir et prendre
elyen
Donner ; accorder volontairement.
Le transfert est volontaire.
elyel
Recevoir ce qui est donné.
ker
Prise ; saisie.
keren
Prendre ; saisir.
kerel
Être tenu ; être saisi.
kerar
Celui qui prend ou saisit.
kerath
Objet saisi ; manifestation de la prise.
recevoir un don ≠ prendre
L’Élynar maintient clairement cette séparation.
XXV — Qualités simples et couleurs
saen
Bon ; favorable ; approprié.
Ne signifie pas automatiquement :
moralement bon.
Un outil peut être saen parce qu’il convient parfaitement à une tâche.
drae
Mauvais ; défavorable ; inadéquat.
Ne signifie pas automatiquement :
mauvais moralement ;
maléfique.
Un chemin peut être drae parce qu’il est simplement mauvais pour atteindre une destination.
Couleurs
Le vocabulaire chromatique distingue la couleur comme phénomène des significations culturelles que certaines teintes ont acquises chez les Aelrans.
lura
Couleur ; teinte perçue.
lurais
Coloré ; chromatique ; relatif à la couleur.
Forme dérivée de lura.
Les Huit Couleurs du Crépuscule
Toutes les couleurs de l’Élynar ne portent pas de signification symbolique.
Huit d’entre elles occupent cependant une place particulière dans la culture aelrane. Elles constituent un ensemble traditionnel associé au crépuscule, au passage du jour vers la nuit et à l’importance culturelle du nombre huit.
Aura → Orva → Orma → Rova → Vyra → Dyla → Nyla → Vëra
Mémoire → Passage → Sacrifice → Vaillance → Beauté → Sérénité → Silence → Espoir
La couleur ne devient jamais le concept auquel elle résonne.
vëra ne signifie pas Asha ;
rova ne signifie pas vaillance ;
vyra ne signifie pas beauté.
Les associations sont culturelles, anciennes et profondément enracinées, mais les mots demeurent d’abord des noms de couleurs.
aura
Doré ; couleur d’or.
aurais — doré.Résonance culturelle
Mémoire.
Le doré évoque la lumière qui demeure alors même que sa source a déjà disparu.
Cette association semble extrêmement ancienne et pourrait précéder la disparition de la Racine première de la Mémoire.
orva
Orange ; ambre ; teinte chaude située entre le doré et le rouge.
orvais — orangé, ambré.Résonance culturelle
Passage.
Orva est associé aux seuils et aux transitions : ce qui n’est déjà plus entièrement ce qu’il était sans être encore complètement ce qu’il deviendra.
Cette résonance entretient une proximité conceptuelle naturelle avec thara, sans que les deux termes soient synonymes.
orma
Rouge.
ormais — rouge.
La forme appartient historiquement au même ancien domaine lexical que Ormah et orm, le sang.
Résonance culturelleSacrifice.
Le rouge évoque ce que l’on consent à perdre afin que quelque chose d’autre puisse demeurer.
rova
Rose.
rovais — rose.
Rova constitue une catégorie chromatique autonome.
lin ormais signifie « rouge pâle ».Résonance culturelle
Cela ne signifie pas automatiquement rova.
Vaillance.
La vaillance associée au rose n’est pas l’absence de peur, mais la capacité d’agir en reconnaissant pleinement sa vulnérabilité, la douleur possible ou le risque d’échec.
vyra
Violet.
vyrais — violet.Résonance culturelle
Beauté ; harmonie perçue.
La beauté concernée ne se limite pas à une apparence agréable.
Elle peut être reconnue dans une personne, une œuvre, un paysage, un mouvement, une architecture, une mélodie ou toute organisation dont les différentes parties semblent devoir être ensemble.
dyla
Bleu.
dylais — bleu.Résonance culturelle
Sérénité.
La sérénité ne désigne pas l’absence d’émotion, mais la capacité à reconnaître ce qui échappe au contrôle sans lui abandonner son équilibre intérieur.
nyla
Indigo ; bleu extrêmement profond approchant de la nuit.
nylais — indigo.
Nyla possède une proximité phonétique et historique ancienne avec dyla.
Résonance culturelleSilence.
Le silence désigné symboliquement n’est pas seulement l’absence de bruit, mais la présence de ce qui demeure non exprimé : respect, refus, douleur, secret, attente, deuil ou réalité que les mots ne suffisent pas à porter.
vëra
Vert.
vërais — vert.Résonance culturelle
Espoir — Asha.
Vëra est associé à ce qui demeure possible lorsque tout semblait devoir s’achever.
Dans l’ordre traditionnel des Huit Couleurs du Crépuscule, le vert vient en dernier.
Le cycle aelran ne s’achève donc pas dans le Silence, mais dans l’Espoir.
Couleurs ordinaires
D’autres couleurs possèdent un vocabulaire parfaitement établi sans appartenir aux Huit Couleurs du Crépuscule et sans recevoir de résonance fondamentale particulière.
siva
Blanc.
sivais — blanc.
Le blanc n’implique ni pureté, ni bonté, ni innocence.
nura
Noir.
nurais — noir.
nura ≠ Vael
Le noir n’est ni l’Ombre, ni le mal, ni le Silence.
hëra
Gris.
hërais — gris.
tora
Brun ; marron.
torais — brun, marron.
XXVI — Émotions
aelë
Affection ; amour ressenti.
Aucune distinction lexicale obligatoire entre amour :
familial ;
amical ;
romantique.
aelën
Aimer.
aelëis
Affectueux ; aimant.
aelëath
Manifestation concrète d’affection.
aelën na
Aimer quelqu’un dans la place relationnelle qu’il occupe sans présenter cette relation comme constitutive de l’identité.
Ne signifie pas « aimer moins ».
aelën nar
Aimer quelqu’un dans une relation constitutive.
ce que tu es participe de ce que je suis.
Peut être romantique, familial, amical ou autre.
sar
Agrément ; plaisir simple.
saren
Apprécier ; trouver agréable.
saris
Plaisant.
sarel
Éprouver du plaisir ; être satisfait.
lya
Joie.
lyael
Être joyeux.
lyais
Joyeux.
lyaen
Rire sous l’effet de la joie.
Un rire forcé ou hostile n’est pas nécessairement lyaen.
lyaath
Sourire véritable issu de la joie.
Un sourire de façade n’est pas nécessairement lyaath.
sëra
Tristesse.
sërael
Être triste.
sërais
Triste.
sëraath
Manifestation concrète de tristesse.
sërnar
Chagrin né de la blessure, de la perte ou de la rupture d’un lien nar.
Ne signifie pas : très grande tristesse.
La structure relationnelle définit le mot.
runa
Colère.
Métaphore historiquement liée à run, chaleur active.
runael
Être en colère.
runais
En colère ; colérique.
runaen
Diriger ou exprimer sa colère contre.
vaera
Peur.
vaerel
Être effrayé.
vaeris
Craintif ; imprégné de peur.
vaerath
Cause ou objet de peur.
nëra
Inquiétude ; préoccupation pour ce à quoi l’on est attaché.
Parenté conceptuelle lointaine avec Nareth.
nërael
Être inquiet.
nëraen
S’inquiéter activement ; surveiller avec préoccupation.
tirë
Irritation ; agacement.
tirel
Être agacé.
tiris
Agaçant.
sava
Amusement.
savael
Être amusé.
savais
Amusant ; drôle.
savaen
Amuser quelqu’un.
khaer
Haine durable.
Plus précisément :
désir que l’autre cesse d’occuper la place qu’il occupe dans le monde ou dans l’existence du sujet.
Khaer n’est pas simplement une colère très forte.
khaerel
Haïr ; être dans l’état de haine.
khaeren
Entretenir activement sa haine.
naer
Confiance.
Conceptuellement :
accepter qu’un lien continuera de tenir lorsque l’on cesse soi-même de le contrôler.
naerel
Faire confiance.
naeris
Digne de confiance.
Forme lourde
XXVII — Famille, lien, communauté et héritage
Parenté
Le vocabulaire familial de l’Élynar distingue explicitement trois niveaux que d’autres langues peuvent confondre :
l’origine biologique ;
la relation familiale reconnue ;
la place constitutive éventuelle de cette relation.
Les deux premiers niveaux appartiennent au lexique. Le troisième relève de l’opposition entre na et nar.
Le sang ne crée jamais automatiquement un lien nar.
Et l’absence de sang n’empêche jamais une relation familiale d’être nar.
Une ancienne opposition lexicalisée apparaît dans plusieurs termes :
i- — origine biologique ;
a- — relation familiale reconnue.
Cette opposition n’est pas productive dans l’Élynar moderne et ne constitue pas un système grammatical général.
De même, les oppositions entre ima / ida et ama / ada ne constituent pas un genre grammatical. L’Élynar demeure sans genre grammatical.
iva
Parent biologique ; géniteur au sens neutre.
Désigne l’un des êtres dont le locuteur ou la personne concernée est biologiquement issu, sans présumer du rôle familial, affectif ou identitaire exercé par cette personne.
ima
Mère biologique ; génitrice.
ima n’implique ni ama, ni nar.
ida
Père biologique ; géniteur.
ida n’implique ni ada, ni nar.
ava
Parent ; personne véritablement reconnue comme son parent.
Le lien biologique n’est pas nécessaire.
Une personne ayant élevé, protégé ou assumé durablement la place parentale peut être ava sans être iva.
ama
Mère ; personne véritablement reconnue comme sa mère.
Une mère adoptive reconnue comme telle est simplement ama. L’Élynar n’en fait pas une catégorie secondaire de maternité.
ada
Père ; personne véritablement reconnue comme son père.
Un père adoptif ou un homme devenu père par la relation et non par le sang est simplement ada lorsque le locuteur le reconnaît ainsi.
Fratrie
syr
Frère ou sœur ; terme générique de fratrie.
S’emploie lorsque la distinction entre fraternité biologique et fraternité reconnue n’est pas pertinente.
Aucune distinction grammaticale entre frère et sœur.
isyr
Frère ou sœur biologique.
Désigne un membre de la même fratrie par filiation biologique partagée.
isyr ne dit rien de la proximité affective ni du caractère constitutif du lien.
asyr
Frère ou sœur véritablement reconnu comme tel.
Le sang n’est pas nécessaire.
Un frère adoptif, une sœur adoptive, une personne élevée avec le locuteur ou quelqu’un devenu famille peut être asyr.
Une même personne peut être ima et ama, ida et ada, isyr et asyr.
Mais aucune de ces correspondances n’est obligatoire.
Liens et communauté
nara
Relation ; lien ordinaire.
naraen
Relier ; attacher ; mettre en relation.
narael
Être lié.
narais
Lié ; connecté.
naraath
Nœud ; point de connexion.
narei
Réseau ; communauté ; cercle structuré par ses relations.
Une pluralité d’individus ne forme pas automatiquement un narei.
Héritage
atrun
Héritage intergénérationnel reçu sans l’avoir choisi et devenu constitutif du porteur.
Peut contenir :
dons ;
devoirs ;
blessures ;
conséquences ;
charges ;
héritages historiques.
Règle grammaticale absolue
atrun nar X ✓
atrun na X ✗
La raison historique est oubliée des locuteurs modernes.
L’origine remonte à une ancienne dynastie Atrun dont le nom s’est lexicalisé.
XXVIII — Numération octale
nul
0.
an
1.
tei
2.
ser
3.
kal
4.
mir
5.
sën
6.
vor
7.
orën
8 en valeur décimale, soit 10 en base huit.
Peut également signifier :
complétude structurée en huit parties.
Composition
orën-an — 9 décimal.
orën-tei — 10 décimal.
orën-ser — 11 décimal.
tei orën — 16 décimal.
tei orën-an — 17 décimal.
taren
8² = 64 décimal.
sorel
8³ = 512 décimal.
XXIX — Suffixes numériques
-ir
Ordinal.
anir — premier ;
teir — deuxième ;
serir — troisième ;
kalir — quatrième ;
mirir — cinquième ;
sënir — sixième ;
vorir — septième ;
orënir — huitième.
-eth
Fraction.
teieth — moitié ;
sereth — tiers ;
kaleth — quart.
-al
Nombre d’occurrences.
anal — une fois ;
teial — deux fois ;
seral — trois fois ;
orënal — huit fois.
XXX — Suffixes dérivationnels généraux
-en
Action active ; exercice ou production du concept.
maer → maeren ;
hara → haraen ;
nara → naraen ;
thara → tharaen.
-el
État ; entrée ou maintien dans l’état.
drena → drenel ;
sava → savael ;
vaera → vaerel ;
thara → tharael.
-ar
Agent.
elyar ;
saear ;
kerar.
Aucune distinction masculin/féminin.
-is
Qualité ; propriété.
runis ;
drenis ;
maeris ;
aurais ;
vërais.
-ath
Manifestation concrète ; résultat ; trace.
elyath ;
saeath ;
aevath ;
taerath.
-or
Lieu caractérisé par le concept.
taeror — lieu d’archives.
XXXI — Composés conceptuels canoniques
L’apostrophe ne signifie jamais simplement « de ».
Elle fusionne deux éléments en un concept nouveau.
Elyon'Dar
Le Don du Nom.
Fusion entre Elyon, Don, et Dar, identité véritable portée par le nom.
Kaelrun'Thar
Le Feu Sourd.
Aevora'Lys
Le Souffle vivant.
Lys porte le sens : vivant, animé.
Aer'Thalan
La Parole de l’Orage.
Nareth'En
L’Art du Lien.
Lir'Nym
La Mémoire des Marées.
lir- est fossilisé et improductif.
La forme ancienne liée à la Racine première perdue ne peut pas être reconstruite.
Elyndar'Kaen
La Voix du Silence.
La forme entière est établie comme composé ancien.
Ormah'Dur
Le Souffle Rouge.
Lié historiquement au sang, au rouge et à la pulsation vitale.
Seryn'Thalor
Le Chant des Astres.
Ce n’est pas simplement Thalor na Seryn.
Le composé désigne un Art ou concept établi.
Thalyr'En
L’Art de la Vibration.
Myr'Sael
Le Souffle des Rêves.
Traduction traditionnelle, probablement non littérale.
La présence de Sael suggère une relation plus profonde entre rêve et empreinte essentielle.
Oris'Tael
Le Compas des Âges.
Vael'Soth
L’Ombre qui délie.
Sens profond :
Ombre devenue moyen de défaire des relations constitutives.
Sael'Daryn
Le Reflet intérieur du Monde.
Sens profond :
le Monde envisagé comme empreinte de sa propre essence.
La traduction traditionnelle « Monde des Esprits » est simplifiée et non littérale.
Thraek'Vael
L’Ombre insoumise.
Sens profond :
l’Ombre qui ne reconnaît aucune autorité qu’elle n’a pas elle-même reconnue comme légitime.
Titre légendaire possible :
La Lance qui refusa le monde.
Khar'Morduun
La Fauche du Flux granulaire.
Dans un contexte de sable :
Faucheur du sable.
Ghor'Vael
La Faim de l’Ombre.
Une faim conçue comme absence que rien ne peut réellement remplir.
XXXII — Noms propres et formes anciennes
Thalvën
Thal — Mouvement.
vën — retenue volontaire ; mesure imposée à son propre mouvement sans le supprimer.
Sens :
Mouvement retenu
ou plus naturellement :
le mouvement qui connaît sa mesure.
Le nom est lexicalisé : prononcer Thalvën n’équivaut pas à prononcer la Racine première Thal isolément.
Strad'Kaor
strad
Tenir une ligne, rester ferme sous une force qui tente de déplacer.
kaor
Hauteur exposée, sommet battu par les éléments.
Sens du composé :
Tenue du Sommet
ou :
celui qui tient sur les hauteurs malgré ce qui cherche à l’en chasser.
Kaeryn
Origine : ancien kaer.
se lever, se dresser pour agir lorsque la situation exige une réponse.
Sens du nom :
celui qui se lève lorsque vient le moment d’agir.
La finale -yn est ancienne et lexicalisée.
Elle n’est pas le pluriel moderne.
Vael'Thra
thra
Porter au-dessus, couvrir de sa présence.
Sens :
Ombre portée
au sens de :
présence protectrice sous laquelle un autre peut se tenir.
Aodhán
aodh
Impulsion dirigée vers le haut.
-án
Ancienne terminaison non productive liée à la disposition.
Sens :
celui que porte l’élan vers ce qui est plus haut.
Cael'Ríogh
cael
Ciel ouvert ; hauteur sans limite.
ríogh
Dignité ou grandeur issue de la maîtrise de soi plutôt que du pouvoir sur autrui.
Sens :
Noblesse du Ciel ouvert.
Eld'var
eld
Refus de céder ; persistance contre ce qui devrait faire plier.
var
Contrainte opposée ; force retournée contre celle qui s’exerce.
Sens :
le refus qui devient contrainte.
Autrement :
tenir jusqu’à ce que la force adverse doive céder.
XXXIII — Emprunts orcs et nains
Kaor-Mneth
Forme orque d’origine partiellement élynar.
Kaor
sommet exposé, hauteur battue par les éléments.
Mneth
Issu de l’ancien :
Mëneth
signifiant :
tenir son existence ou sa position de soi-même ; ne pas devoir sa légitimité à autrui.
Évolution
Mëneth → Mneth
par disparition de la voyelle faible.
Sens global
celui qui se tient de lui-même sur la hauteur exposée.
Lecture culturelle :
celui qui n’a besoin de personne pour tenir au sommet.
Le tiret appartient à l’adaptation orque et ne doit pas être traité comme une apostrophe élynar moderne.
Thurn-Kael
Forme naine issue de :
Thurën'Kael
Sens ancien :
Portement de la Pierre ;
ce qui porte la matière solide.
Évolution
perte de ë ;
apostrophe remplacée par tiret ;
intégration à la tradition naine.
XXXIV — Salutations et formules établies
Sael sei.
Salutation standard.
Traduction :
Bonjour ; salut.
Sens profond :
reconnaissance de la présence et de l’empreinte de l’interlocuteur.
Sael.
Salutation familière.
Salut.
Sael nae sei.
Retrouvailles significatives après une absence.
Traductions possibles :
heureux de te revoir ;
te voilà revenu ;
je te retrouve.
Sens profond :
Je reconnais ce qui de toi demeure jusqu’ici.
La formule ne dit pas nécessairement la joie.
Sael ha.
Accueil.
Traduction :
Bienvenue.
Sens profond :
Ta présence est reconnue ici.
Sael nar ha.
Accueil très fort.
Traduction :
Tu es chez toi ici.
Implique réellement une relation constitutive avec le lieu ou l’espace d’accueil.
Nara nae.
Au revoir ordinaire.
Sens profond :
La relation établie demeure après notre séparation.
Nar nae.
Séparation intime ; adieu à quelqu’un qui demeure constitutif.
Sens profond :
Le lien demeure.
Peut également être adressé à un mort.
Ael sha tharei.
À bientôt.
Sens littéral :
Nous reviendrons l’un vers l’autre.
Le pronom ael inclut l’interlocuteur.
Nara da.
Adieu définitif ; clôture d’une relation contingente.
Sens profond :
Notre relation est accomplie et close.
Nar da.
Rupture extrêmement lourde.
Sens profond :
Le lien qui participait de ce que je suis est désormais clos.
Ne doit jamais être employé comme simple variante emphatique de « au revoir ».
XXXV — Expressions grammaticales de référence
XXXVI — Les mots qui n’ont pas encore d’équivalent établi
Un lexique de référence doit également savoir montrer ses limites.
Plusieurs concepts français ordinaires ne possèdent pas encore de terme élynar canonique défini dans le présent état de la langue.
Il serait incorrect de créer rétroactivement une forme simplement parce qu’une traduction est nécessaire.
Lorsque l’on rencontre un mot encore absent, trois possibilités doivent être envisagées :
- L’Élynar possède déjà une construction permettant de l’exprimer sans nouveau lexème.
- Le concept doit être exprimé par une périphrase.
- Une nouvelle racine doit être créée et intégrée au système.
La troisième solution doit respecter :
la phonologie ;
la morphologie ;
les familles lexicales existantes ;
les Racines premières ;
les fossiles ;
les restrictions historiques.
L’exemple du mensonge constitue évidemment un cas différent :
il ne manque pas accidentellement un mot.
L’absence est constitutive de la langue.
XXXVII — Index alphabétique général
L’index suivant permet de retrouver rapidement les principales formes canoniques.
Les définitions sont volontairement condensées ; les entrées précédentes conservent la valeur de référence lorsque des nuances sont nécessaires.
A
ada — père reconnu comme son père.
ae — et.
aei — oui.
ael — nous inclusif.
aelë — affection, amour.
aelën — aimer.
aelëath — manifestation d’affection.
aelëis — affectueux.
aen — pleinement.
Aer — Parole, concept ancien.
aera — parole ordinaire.
aeraath — énoncé.
aeren — parler.
Aer'Thalan — Parole de l’Orage.
aev — souffle respiratoire.
Aevora — Souffle, concept ancien.
Aevora'Lys — Souffle vivant.
aevath — expiration.
aevel — respirer.
aeven — souffler, expirer volontairement.
aevis — respiratoire.
Aelarion — Transcendance, Absolu lexical.
ama — mère reconnue comme sa mère.
an — un.
anal — une fois.
anir — premier.
Aodhán — nom ancien, « celui que porte l’élan vers ce qui est plus haut ».
aodh — impulsion ascendante.
Asha — espoir.
ashaen — espérer.
ashais — porteur d’espoir.
asyr — frère ou sœur véritablement reconnu comme tel.
atrun — héritage intergénérationnel constitutif ; exige nar.
aura — doré ; couleur de la Mémoire.
aurais — doré.
ava — parent véritablement reconnu comme son parent.
aes — être, exister.
C
cael — ciel ouvert, hauteur sans limite.
Cael'Ríogh — Noblesse du Ciel ouvert.
D
da — accompli clos.
Dar — nom, identité portée par le nom.
daren — dire, énoncer.
daryn — monde comme totalité vécue cohérente.
dor — devoir par nécessité.
drae — mauvais, inadéquat, défavorable.
drena — fatigue physique.
drenel — être fatigué.
drenis — fatigué.
Dur — souffle puissant, pulsation vitale.
durën — cœur.
dyla — bleu ; couleur de la Sérénité.
dylais — bleu.
E
ei — déterminant indéfini.
eir — il, elle, cela.
eirë — chaque, chacun.
eiryn — ils, elles, eux.
eld — refus de céder.
Eld'var — le refus qui devient contrainte.
el — vers, à destination de.
elya — permission accordée.
elyar — donneur.
elyath — don concret.
elyel — recevoir ce qui est accordé.
elyen — donner volontairement.
elyna — vie individuelle.
elynath — être vivant concret.
elynel — être vivant.
elynis — vivant.
Elyndra — Vie, Racine première.
Elyndar'Kaen — Voix du Silence.
Elyon — Don, Racine première.
Elyon'Dar — Don du Nom.
En — Art, maîtrise consciente.
endar — corps.
endra — chair vivante.
esh — parce que.
ën — tout, tous comme totalité.
G
ghor — faim insatiable ne cherchant pas la satiété.
Ghor'Vael — Faim de l’Ombre.
H
ha — ici.
hael — là.
haen — ailleurs.
hara — perception auditive.
harael — entendre.
haraen — écouter.
harin — oreille.
hëra — gris.
hërais — gris.
I
ida — père biologique, géniteur.
il — déterminant défini.
ima — mère biologique, génitrice.
ir — dans, au sein de, à.
isyr — frère ou sœur biologique.
iva — parent biologique, géniteur neutre.
K
kae — pouvoir par capacité.
kael — matière solide, pierre.
kaelen — façonner une matière solide.
Kaelgor — Forge, Racine première.
Kaelrun — Feu.
Kaelrun'Thar — Feu Sourd.
kaer — se lever pour agir.
Kaeryn — nom dérivé de kaer.
Kaen — voix.
kal — quatre.
kaleth — quart.
kalir — quatrième.
kaor — hauteur exposée, sommet battu par les éléments.
Kaor-Mneth — nom orc issu d’éléments élynar anciens.
ker — prise, saisie.
kerar — preneur.
kerath — objet saisi ou manifestation de prise.
kerel — être tenu, saisi.
keren — prendre, saisir.
ke — que, qui.
khaer — haine durable.
khaerel — haïr.
khaeren — entretenir sa haine.
Khar — coupe interrompant une trajectoire.
Khar'Morduun — Fauche du Flux granulaire.
L
lae — marque de requête.
len — seulement.
lin — peu, faiblement, moins.
lir- — fossile mémoriel improductif.
lirë — presque.
Lir'Nym — Mémoire des Marées.
Liréathi — ethnonyme fossilisé.
lura — couleur, teinte perçue.
lurais — coloré, chromatique.
lya — joie.
lyaath — sourire véritable de joie.
lyael — être joyeux.
lyaen — rire de joie.
lyais — joyeux.
Lys — vivant, animé.
lyna — croissance naturelle.
lynaen — croître.
lynais — en croissance.
lynath — pousse, manifestation de croissance.
M
ma — particule interrogative fermée.
mae — faim biologique.
mael — avoir faim.
maer — nourriture.
maerath — repas.
maerel — être rassasié.
maeren — manger.
maeris — nutritif.
mai — quoi ?
mara — beaucoup.
mar — plusieurs.
mei — qui ?
mel — comment ?
men — combien ?
mer — où ?
meyn — lequel ?
mir — cinq.
mirir — cinquième.
mor — quand ?
Morduun — matière granulaire en flux.
Myr — rêve.
myrën — croire sans certitude complète.
Myr'Sael — Souffle des Rêves, traduction traditionnelle.
mya — pourquoi ?
N
na — lien contingent, de, depuis, relation.
nae — accompli dont les conséquences demeurent.
naer — confiance.
naerel — faire confiance.
naeris — digne de confiance.
nai — négation.
nara — relation ordinaire.
naraath — nœud, point de connexion.
narael — être lié.
naraen — relier.
nar — lien constitutif.
narais — lié, connecté.
naren — devoir par engagement ou lien.
narei — réseau, communauté relationnelle.
Nareth — Lien, Racine première.
Nareth'En — Art du Lien.
nei — non.
nema — oubli ordinaire.
nemaen — oublier.
nemais — oublié.
Nêhalor — Oubli souverain, Absolu lexical.
nor — sans.
nul — zéro.
nura — noir.
nurais — noir.
Nym — marée, flux marin cyclique.
nyla — indigo ; couleur du Silence.
nylais — indigo.
nëra — inquiétude relationnelle.
nërael — être inquiet.
nëraen — s’inquiéter activement.
O
ora — quand, au moment où.
orae — durée.
orael — attendre.
oraen — durer.
orais — ancien par la durée.
orath — pendant, tandis que.
orel — après.
orelath — demain.
oren — maintenant.
orenath — aujourd’hui.
ori — passé.
orin — avant.
orinath — hier.
Oris — Âge, Temps, Racine première.
Oris'Tael — Compas des Âges.
orm — sang.
orma — rouge ; couleur du Sacrifice.
ormais — rouge.
Ormah — ancien concept lié au rouge et au sang.
Ormah'Dur — Souffle Rouge.
ormel — saigner.
ormen — faire saigner.
ormis — sanguin.
orva — orange, ambre ; couleur du Passage.
orvais — orangé, ambré.
orën — huit ; complétude en huit parties.
orënal — huit fois.
orënir — huitième.
R
ra — je, moi.
rae — plus… que.
rael — nous exclusif.
ren — assez, suffisamment.
reth — le plus, superlatif relatif.
ríogh — dignité issue de la maîtrise de soi.
rova — rose ; couleur de la Vaillance.
rovais — rose.
run — chaleur active.
runa — colère.
runael — être en colère.
runaen — diriger sa colère contre.
runais — colérique, en colère.
runath — chaleur produite.
runel — être chaud.
runen — chauffer.
runis — chaud.
S
sa — avec.
sae — perception visuelle.
saear — observateur.
saeath — image.
saeel — voir.
saeen — regarder.
saeis — visible, visuel.
sael — empreinte intérieure ou essentielle.
Sael'Daryn — Reflet intérieur du Monde.
saen — bon, favorable, approprié.
saer — vouloir.
sai — savoir.
sair — œil.
sar — agrément, plaisir simple.
sarel — éprouver du plaisir.
saren — apprécier.
saris — plaisant.
sarn — douleur.
sarnath — manifestation concrète de douleur.
sarnel — souffrir, avoir mal.
sarnis — douloureux.
sava — amusement.
savael — être amusé.
savaen — amuser.
savais — amusant.
sei — tu, toi.
sel — aussi… que.
sela — comme, à la manière de.
sen — même au sens inclusif, y compris ; jamais « le même ».
ser — trois.
seral — trois fois.
sereth — tiers.
serir — troisième.
Seryn — astre.
Seryn'Thalor — Chant des Astres.
sha — futur.
shael — si.
shaï — peut-être, possibilité.
siva — blanc.
sivais — blanc.
sor — trop.
sorel — 8³, 512 décimal.
Soth — déliaison fondamentale.
sova — souvenir personnel.
sovaen — se souvenir.
sovath — réminiscence.
strad — tenir une ligne sous une force adverse.
Strad'Kaor — Tenue du Sommet.
syl — eau.
sylen — boire.
syr — frère ou sœur, terme générique.
sën — six.
sënai — quelques.
sënir — sixième.
sëra — tristesse.
sëraath — manifestation de tristesse.
sërael — être triste.
sërais — triste.
sërnar — chagrin lié à la blessure d’un lien constitutif.
T
tae — donc, ainsi.
Tael — compas, direction, mesure.
taer — conserver une information.
taerath — archive.
taeren — consigner.
taeror — lieu d’archives.
taren — 8², 64 décimal.
tei — deux.
teial — deux fois.
teieth — moitié.
teir — deuxième.
tha — ce, cette, ces, proximal.
thael — ce…-là, distal.
Thal — Mouvement, Racine première.
thal — aspect continu.
thala — déplacement.
thalath — trace de mouvement.
thalda — arriver.
thalaen — aller, se déplacer.
thalen — marcher.
tharei — venir.
tharel — poursuivre son chemin.
thara — changement d’état, transition d’une condition vers une autre.
tharael — devenir, passer dans un nouvel état.
tharaen — rendre, faire devenir, provoquer un changement d’état.
Thalan — orage.
thalor — chant.
Thalvën — mouvement retenu, mouvement qui connaît sa mesure.
Thalyr'En — Art de la Vibration.
Thar — sourd, contenu, étouffé.
thava — partir, s’éloigner.
thel — main.
thra — couvrir de sa présence, porter au-dessus.
thraek — refus de reconnaître une autorité comme légitime.
Thraek'Vael — Ombre insoumise.
thurën — soutenir durablement une charge.
Thurn-Kael — forme naine issue de Thurën'Kael.
tirë — irritation.
tirel — être agacé.
tiris — agaçant.
tora — brun, marron.
torais — brun, marron.
V
va — mais.
vae — vous.
Vael — Ombre, Racine première.
vaeli — ombre ordinaire.
vaelath — silhouette d’ombre.
vaeliel — être caché dans l’ombre.
vaelien — cacher par l’ombre.
vaelis — sombre, ombragé.
Vael'Soth — Ombre qui délie.
Vael'Thra — Ombre portée, présence protectrice.
vaen — sommeil.
vaenis — endormi.
vaer — craindre.
vaera — peur.
vaerath — objet ou cause de peur.
vaerel — être effrayé.
vaeris — craintif.
Valrûn — Destruction souveraine, Absolu lexical.
vanel — dormir.
var — contrainte opposée, force retournée.
vara — erreur sincère.
varael — se tromper.
vei — ou.
vel — très.
vëra — vert ; couleur de l’Espoir.
vërais — vert.
vën — retenue volontaire du mouvement.
vor — sept.
vorir — septième.
vyra — violet ; couleur de la Beauté et de l’harmonie perçue.
vyrais — violet.
Y
ya — début, aspect inchoatif.
yn — pluriel explicite.
Ysildren — croissance souveraine du vivant, Absolu lexical.
∅
∅ — notation de la Racine première perdue de la Mémoire ; aucune prononciation possible.
XXXVIII — Ce que ce lexique doit préserver
L’Élynar possède désormais suffisamment de vocabulaire pour permettre des dialogues, des descriptions, des raisonnements simples, des déclarations émotionnelles, des échanges quotidiens et un certain nombre de formulations philosophiques complexes.
Mais la cohérence future de la langue dépend moins du nombre de mots ajoutés que de la manière dont ils seront ajoutés.
Un mot ordinaire peut être productif.
Une Racine première ne l’est pas de la même manière.
Un fossile ne doit pas retrouver artificiellement une productivité que l’histoire lui a retirée.
Un Absolu ne doit jamais recevoir de degré simplement parce qu’une phrase française en suggère un.
Un composé par apostrophe doit former un véritable concept et non remplacer paresseusement une relation en na.
Nar ne doit jamais devenir un simple « de plus intense ».
Nae ne doit jamais devenir un simple passé dramatique.
Les termes émotionnels doivent conserver la structure qui les distingue les uns des autres.
Les mots familiaux doivent conserver la distinction entre origine biologique, reconnaissance familiale et caractère éventuellement constitutif du lien.
Une couleur symbolique ne doit jamais être confondue avec le concept auquel elle résonne.
Et l’absence d’un mot pour le mensonge doit demeurer une absence.
Une langue ne se définit pas uniquement par ce qu’elle sait dire.
Elle se définit aussi par ce qu’elle n’a jamais eu besoin de nommer.
✧ Le lexique comme mémoire de la langue
À travers ces mots se dessine toute l’histoire de l’Élynar.
Il existe des termes tellement anciens qu’ils touchent encore aux Primordiaux.
Il existe un mot du Feu qui précède les concepts de matière et de chaleur dont un observateur moderne pourrait croire qu’il est composé.
Il existe une Racine dont l’absence reste connue alors que son son a été détruit.
Il existe un mot dont la règle grammaticale demeure alors que le peuple qui l’expliquait a disparu.
Il existe quatre termes que même la grammaire refuse de comparer.
Il existe des noms skayans devenus si naturels dans leur propre culture que leurs porteurs peuvent oublier qu’ils parlaient autrefois Élynar.
Il existe des noms orcs et nains dont les consonnes gardent la trace d’un emprunt ancien.
Et il existe une langue entière capable de parler :
de l’erreur ;
du doute ;
de l’ignorance ;
du secret ;
du silence ;
sans posséder aucun mot natif pour le mensonge.
Tout cela appartient au vocabulaire autant qu’à la grammaire.
Car un lexique n’est jamais simplement une liste des choses qu’un peuple a rencontrées.
Il révèle aussi les distinctions qu’il a jugées suffisamment importantes pour leur donner une forme propre.
L’Élynar distingue le fait d’être capable d’agir du fait d’avoir reçu permission d’agir.
Il distingue le devoir imposé par la situation du devoir né d’un lien reconnu.
Il distingue recevoir et prendre.
Il distingue l’oubli ordinaire de l’Oubli souverain.
Il distingue la faim d’un corps de celle qui ne désire jamais être rassasiée.
Il distingue la tristesse de la blessure d’un lien constitutif.
Il distingue l’amour de la place que cet amour occupe dans l’identité.
Il distingue le géniteur du parent que l’on reconnaît véritablement comme son père ou sa mère.
Il distingue de la même manière le frère ou la sœur biologique de celui ou celle que l’on reconnaît comme faisant réellement partie de sa fratrie.
Et même dans ces relations, il distingue encore le simple fait familial du lien devenu constitutif de ce que l’on est.
Il distingue ce qui est simplement passé de ce qui, bien qu’accompli, continue de tenir dans le présent.
Il distingue également le mouvement d’un être dans l’espace du mouvement qui fait passer une chose d’un état à un autre.
Et parmi toutes les couleurs que les yeux peuvent reconnaître, il en distingue huit dont le crépuscule a chargé la culture aelrane d’une résonance particulière :
Aura — Mémoire ;
Orva — Passage ;
Orma — Sacrifice ;
Rova — Vaillance ;
Vyra — Beauté ;
Dyla — Sérénité ;
Nyla — Silence ;
Vëra — Espoir.
Ces couleurs restent des couleurs.
Mais un Aelran ne peut entièrement séparer certaines d’entre elles de ce que des millénaires leur ont appris à porter.
Ces distinctions ne sont pas toujours plus précises que celles des autres langues.
Elles sont précises ailleurs.
Et c’est précisément cela qui fait de l’Élynar une langue.
Pas un code.
Pas une nomenclature.
Pas une série de mots élégants ajoutés à une grammaire étrangère.
Une langue possède sa propre manière de décider quelles différences méritent d’être dites.
L’Élynar a choisi depuis très longtemps de porter certaines d’entre elles jusque dans le Chant.
Ainsi s’achève cette première grammaire de référence.
Le premier chapitre montrait qu’en Élynar, le sens et la sincérité ne peuvent être totalement séparés.
Le second révélait que la langue conserve dans ses Racines les traces de son histoire la plus ancienne.
Le troisième expliquait comment les sons, les suffixes et les apostrophes donnent forme aux concepts.
Le quatrième montrait que la personne peut être définie par ses liens autant que par ce qu’elle possède.
Le cinquième distinguait ce qui a simplement eu lieu de ce qui continue de demeurer.
Le sixième donnait à ces éléments la forme d’une véritable parole.
Le septième montrait comment compter, aimer, craindre, haïr et hériter deviennent des manières de penser.
Et ce dernier chapitre rassemble les mots dans lesquels toutes ces structures peuvent désormais vivre.
Il reste encore d’innombrables choses à nommer.
Des plantes.
Des animaux.
Des nuances chromatiques.
Des métiers.
Des outils.
Des institutions.
Des gestes.
Des textures.
Des sons.
Des nuances de lumière.
Des insultes.
Des mots d’enfants.
Des termes savants.
Des archaïsmes.
Des dialectes.
Des emprunts.
Et des concepts qui n’existent peut-être encore dans aucune autre langue d’Elserath.
Mais les fondations sont désormais posées.
Et toute nouvelle parole devra respecter la même exigence qui se trouve au commencement de l’Élynar :
comprendre ce que l’on veut porter avant de chercher comment le prononcer.
Car dans cette langue, les mots ne sont jamais complètement vides.
Même lorsqu’ils ont oublié leur origine,
même lorsqu’un peuple étranger les a transformés,
même lorsqu’un seul fragment a survécu,
même lorsque la Racine elle-même a disparu,
le Chant demeure dans ce qui peut encore être dit.